AudelĂ  des considĂ©rations de Paul Viallaneix, dans son article relatif Ă  Michelet, Ă©vangĂ©liste de la RĂ©volution française, donc sur un Ă©crivain pris encore dans la passion d'une "histoire immĂ©diate de la RĂ©volution française", Paule Petitier met l'accent sur le contraste entre une rĂ©volution française que l’historien fait en Ă©crivant son histoire au cours des annĂ©es 1846 CONSIDÉRATIONSSUR LES PRINCIPAUX ÉVÉNEMENTS DE LA RÉVOLUTION FRANÇOISE Tome I Delaunay, Libraire , 1818. TABLE DES CHAPITRES CONTENUS DANS LE TOME PREMIER. PREMIÈRE PARTIE. Pages. Chapitre Ier. RĂ©flexions gĂ©nĂ©rales 1 Chap. II. ConsidĂ©rations sur l’histoire de France 16 Chap. III. De l’opinion publique en France CHAPĂ  l’avĂšnement de Louis PieIX (1846-1878). Ce pape eut Ă  supporter la croix de la persĂ©cution lors de la rĂ©volution italienne (le Risorgimento) et cette rĂ©volution Ă©tait dirigĂ©e par la maison de Savoie qui porte une croix dans ses armoiries. · 102. Lumen in cĂŠlo (La lumiĂšre dans le ciel). LĂ©on XIII (1878-1903). Ce pape appartenait Ă  la famille des Pecci Parailleurs, la RĂ©volution française qui voit le renversement d’une monarchie plus que millĂ©naire, nĂ©e de l’alliance du TrĂŽne et l’Autel, du pacte de Tolbiac entre Clovis et Dieu, cette RĂ©volution constitue un Ă©vĂ©nement si considĂ©rable, que les dĂ©fenseurs de la France traditionnelle en arrivent Ă  s’appeler eux-mĂȘmes « contre-rĂ©volutionnaires ». Ils se dĂ©finissent donc CĂ©tait en septembre 1791: l'AssemblĂ©e constituante allait achever sa laborieuse existence. Talleyrand lut son mĂ©moire dans les sĂ©ances du 10 et du 11 septembre. Le projet ne comptait pas moins de 208 articles. Mais dĂ©sespĂ©rant d'arrĂȘter sur une organisation aussi compliquĂ©e l'attention d'une assemblĂ©e impatiente d'en finir et de cĂ©der la place Ă  une autre, Talleyrand ConsidĂ©rations sur la RĂ©volution française » de Mme de StaĂ«l. Michel Winock dans mensuel 338 datĂ© janvier 2009 . La fille de Necker se bat contre la monarchie sans bornes, le jacobinisme sans frein et le bonapartisme sans contre-pouvoir. Nos rubriques. Expositions / CinĂ©ma / Compte rendus de livres / Bande dessinĂ©es / Portraits / Les Classiques / Carte Blanche Les DemĂȘme que l'esprit chrĂ©tien peut habiter tout entier dans la plus humble des actions, ainsi tout l'esprit de la subversion habite dans la plus insignifiante en apparence de ses dĂ©marches" (Luce Quenette, Questions et rĂ©ponses sur la rĂ©volution et la contre-rĂ©volution (1969) in Lettre de la PĂ©raudiĂšre, n° 39, fĂ©vrier 1972, reproduit dans Le Sel de la terre, n° 22, automne 1997, pp lmRdNy. AprĂšs la rĂ©volution, la France cherche Ă  s’organiser Afin de l’informer d’une maniĂšre plus dĂ©taillĂ©e sur les Ă©vĂšnements survenus en France, le visiteur est invitĂ© Ă  consulter les pages que nous dĂ©dions Ă  la RĂ©volution française et Ă  l’Empire napolĂ©onien. Pour ceux qui souhaitent cependant aller directement Ă  l’essentiel, nous rĂ©sumons ci-dessous les Ă©vĂšnements politiques et administratifs qui ont Ă©grenĂ© le quotidien des nouveaux citoyens français. Comme toute rĂ©forme qui cherche Ă  se mettre en place, elle a eu sont lot de consĂ©quences malheureuses. N’oubliez surtout pas de vous munir de petits cailloux blancs pour ne pas vous perdre en cours de route ! Peu de temps avant la prise de la Bastille le 14 juillet 1789 et la mise sous haute surveillance de la famille royale, le Tiers Etats avait obtenu le droit de doter la France d’une Constitution. À partir de ce moment-lĂ , les Etats GĂ©nĂ©raux prirent le nom d’AssemblĂ©e Nationale Constituante appelĂ©e plus communĂ©ment La Constituante ». La Constituante 1789-1791 Elle abolit les droits fĂ©odaux Elle rĂ©dige la DĂ©claration des Droits de l’Homme et du Citoyen Elle nationalise les biens du clergĂ© Elle prĂ©pare un projet de Constitution qui sĂ©pare les pouvoirs La monarchie de droit divin est abolie ; le roi garde le pouvoir exĂ©cutif en tant que roi des Français Une AssemblĂ©e Ă  Ă©lire exerce le pouvoir lĂ©gislatif La justice est rendue par des tribunaux dont les juges sont dĂ©signĂ©s par les citoyens Elle est dissoute en 1791. Aucun de ses membres ne siĂšgera dans la nouvelle AssemblĂ©e LĂ©gislative appelĂ©e La LĂ©gislative » La plupart des membres de la Constituante sont issus du mouvement politique appelĂ© Club des Jacobins ». De tendance relativement modĂ©rĂ©e, il compte parmi ses membres des hommes politiques d’opinions assez diffĂ©rentes. La LĂ©gislative 1791-1792 Robespierre Source La Nouvelle EncyclopĂ©die Elle est Ă©lue au suffrage censitaire Elle oblige Louis XVI Ă  dĂ©clarer la guerre Ă  l’Autriche Elle vote la dĂ©chĂ©ance du roi Elle introduit le libĂ©ralisme Ă©conomique En 1792, le Club des Jacobins se scinde en 3 tendances Les Feuillants comprenaient les modĂ©rĂ©s et les monarchistes constitutionnels Les Girondins, hostiles au rĂ©tablissement de l’Ancien RĂ©gime mais aussi aux rĂ©formes Ă©conomiques et sociales en faveur de la classe laborieuse. Les Girondins dominĂšrent les dĂ©bats Ă  l’AssemblĂ©e LĂ©gislative. Les dĂ©putĂ©s les plus radicaux s’appuyaient sur les Ă©lĂ©ments rĂ©volutionnaires les plus avancĂ©s et siĂ©geaient Ă  l’AssemblĂ©e lĂ©gislative sous le nom de Montagnards. Ils Ă©taient emmenĂ©s par Robespierre et, quoique comprenant des reprĂ©sentants de la bourgeoisie, ils Ă©taient sensibles aux difficultĂ©s du peuple. Enfin, un petit groupe de contre-rĂ©volutionnaires voulait le retour Ă  l’Ancien RĂ©gime. La Convention 1792-1795 La Convention est une assemblĂ©e rĂ©publicaine instaurĂ©e suite au triomphe de la rĂ©volution violente. Elle exerce Ă  la fois les pouvoirs lĂ©gislatif et exĂ©cutif. Elle est Ă©lue au suffrage universel masculin Elle abolit la royautĂ© et fonde la PremiĂšre RĂ©publique. Elle condamne Louis XVI Ă  la peine de mort Elle proclame le calendrier rĂ©publicain En 1793, les Montagnards Ă©liminent les dĂ©putĂ©s Girondins et installent La Grande Terreur qui Supprime les libertĂ©s individuelles Instaure une justice expĂ©ditive La Terreur prend fin en juillet 1794 avec l’exĂ©cution de Robespierre et de ses partisans. ExĂ©cution de Robespierre Source Wikipedia Le Directoire 1795-1799 Bonaparte au Conseil des Cinq Cents Source Wikipedia Il tire son nom des 5 Directeurs qui sont chargĂ©s du pouvoir exĂ©cutif. Ceux-ci dĂ©montrĂšrent rapidement leur incapacitĂ© Ă  s’entendre entre eux et gĂ©nĂ©rĂšrent la corruption et la dĂ©route financiĂšre de l’Etat. Le Directoire partage le pouvoir avec 2 assemblĂ©es lĂ©gislatives systĂšme bicamĂ©ral Le Conseil des Cinq Cents Le Conseil des Anciens Le Directoire fut confrontĂ© Ă  plusieurs coups d’Etats jusqu’à ce que celui du 18 Brumaire de l’an VIII provoque sa chute NapolĂ©on Bonaparte. Le Consulat 1799-1804 AprĂšs le coup d’Etat, la Constitution de l'an VIII Ă©tablit un rĂ©gime politique autoritaire dirigĂ© par 3 consuls. En rĂ©alitĂ©, il est surtout dirigĂ© par le Premier consul, NapolĂ©on Bonaparte, qui deviendra consul Ă  vie en 1802. Le Consulat prend fin en 1804. Le Premier Empire 1804-1814 Il commence le 18 mai 1804 lorsque NapolĂ©on Bonaparte est proclamĂ© empereur des Français. Il se termine en avril 1814 lors du dĂ©part de l’empereur pour l’Ile d’Elbe. AprĂšs cette petite mise au point, nous pourrons aborder plus facilement les Ă©vĂ©nements qui ne vont pas tarder Ă  inquiĂ©ter les Belges. Annexion française Accueil Pour aller plus loin Lieux Ă  visiterQuartier Bastille La colonne de Juillet, place de la Bastille 75011 square Henri-Galli, 9 boulevard Henri-IV, 75004Quartier Carnavalet Le MusĂ©e Carnavalet, 16 rue des Francs-Bourgeois, 75004Quartier du PanthĂ©on Le PanthĂ©on, place du PanthĂ©on, 75005Quartier de la ConciergerieLa Conciergerie, 2 boulevard du Palais 75001Quartier de la Chapelle expiatoireLa Chapelle expiatoire, 29 rue Pasquier, 75008L'Ă©glise de la Madeleine, place de la Madeleine, 75008Quartier de la montagne Sainte-GeneviĂšveLe Museum d'histoire naturelle, 57 rue Cuvier, 75005La mĂ©nagerie du Jardin des plantes, 57 rue Cuvier 75005Quartier de l’OdĂ©onL'Ă©glise Saint-Sulpice, 2 rue Palatine, 75006Quartier de la NationLe cimetiĂšre de l’église Sainte-Marguerite, 36 rue Saint-Bernard, 75011Quartier du LouvreLe Louvre, rue de Rivoli, 75001Quartier du Palais-RoyalLe jardin du Palais-Royal, 2 galerie de Montpensier, 75001 La ComĂ©die-Française, 1 place Colette, 75001Quartier MonceauLe parc Monceau, 35 boulevard de Courcelles, 75008 ParisQuartier des CatacombesLes catacombes de Paris, 1 avenue du Colonel-Henri-Rol-Tanguy, 75014 L’observatoire de Paris, 61 avenue de l’Observatoire, 75014Quartier de la ConcordeL’AssemblĂ©e nationale, 126 rue de l’UniversitĂ©, 75006Quartier du TempleLe MusĂ©e des arts et mĂ©tiers, 60 rue de RĂ©aumur, 75003 ParisBalades virtuelles dans ParisParis rĂ©volutionnaire un site recensant les lieux liĂ©s Ă  la mĂ©moire des rĂ©volutions dans Paris. de la Seine un parcours sonore de 19 rĂ©cits le long de la Seine, Ă©voquant la vie quotidienne des Parisiennes et Parisiens au XVIIIe siĂšcleTimescope regardez la Bastille telle qu’elle Ă©tait en 1789 une reconstitution visuelle bluffante La plupart des rĂ©fĂ©rences citĂ©es ne sont disponibles qu’en langue françaiseLivres d'histoireDictionnaires, AtlasSerge Bonin, Emile Ducoudray, Alexandra Laclau, Claude Langlois, Raymonde Monnier, Daniel Roche, Atlas de la RĂ©volution française, Éd. de l'EHESS, tome 11, Paris », 2000 un atlas complet sur le Paris de la RĂ©volutionFrançois Furet et Mona Ozouf dir., Dictionnaire critique de la RĂ©volution française, Flammarion, 1988Jean-ClĂ©ment Martin dir., Dictionnaire de la Contre-RĂ©volution, Perrin, 2011 le seul dictionnaire sur la Contre-RĂ©volution Ă©crit par des spĂ©cialistesAlbert Soboul, Jean-RenĂ© Suratteau et François Gendron dir., Dictionnaire historique de la RĂ©volution française, Paris, PUF, 1989 le plus gros dictionnaire sur la RĂ©volution françaiseAlbert Soboul, Raymonde Monnier dir., RĂ©pertoire du personnel sectionnaire parisien en l'an II, Publications de la Sorbonne, 1985 un ensemble de courtes notices sur les sans-culottes parisiensManuels sur la RĂ©volution françaiseJean-Pierre Jessenne, RĂ©volution et Empire, 1783-1815, Hachette, 2014 une des bases sur la RĂ©volutionMichel Vovelle, La RĂ©volution française, 1789-1799, Armand Colin, 2015 un des manuels de base, court et clairSophie Wahnich, La RĂ©volution française 1787-1799. Un Ă©vĂ©nement de raison sensible, Hachette, 2012 un manuel rĂ©digĂ© sous la forme d’essai thĂ©matique et engagĂ©SĂ©lection d’histoires de la RĂ©volution françaiseEric Hazan, Une histoire de la RĂ©volution française, La Fabrique, 2012 un rĂ©cit trĂšs clair, engagĂ© et haletantFrançois Furet, Denis Richet, La RĂ©volution française 1re Ă©dition 1965-66, Fayard, 2010 une histoire politique trĂšs dĂ©taillĂ©eAnnie Jourdan, Nouvelle histoire de la RĂ©volution, Paris, Flammarion, 2015 une histoire avec une perspective plus europĂ©enneJean-ClĂ©ment Martin, Nouvelle histoire de la RĂ©volution française, Perrin, 2012 une Ă©paisse somme qui renouvelle le rĂ©cit de la RĂ©volutionJules Michelet, Histoire de la RĂ©volution française 1re Ă©dition 1847-1853, 2 tomes, Gallimard, 2019 le classique des classiques, une histoire romantique, rĂ©publicaine et pleine de souffleLivres de vulgarisation sur la RĂ©volutionAntoine de Baecque, La France de la RĂ©volution. Dictionnaire de curiositĂ©s, Tallandier, 2011Michel Biard, Parlez-vous sans-culotte ? Dictionnaire du PĂšre Duchesne 1790‑1794, Tallandier, 2009Chronique de la RĂ©volution française, Larousse, 1988 la RĂ©volution au jour le jour, une foule d’anecdotes pas anecdotiquesG. LenĂŽtre, Sous la RĂ©volution, Gallimard, 2018 la RĂ©volution vue par un historien royalisteMichel Vovelle dir., L'État de la France pendant la RĂ©volution 1789-1799, La DĂ©couverte, 1988 tout sur la RĂ©volution en 600 pagesLivres d’histoire sur Paris pendant la RĂ©volution françaiseParis en RĂ©volutionAntoine Boulant, Le Tribunal rĂ©volutionnaire. Punir les ennemis du peuple, Perrin, 2018 la derniĂšre synthĂšse sur le Tribunal rĂ©volutionnaire de ParisJacques de Cock, Les Cordeliers dans la RĂ©volution française, Fantasques, 2 vol., 2001 pour en savoir plus sur un club parisien connu pour sa radicalitĂ©Pascal Dupuy dir., La fĂȘte de la FĂ©dĂ©ration, Éditions Presses des universitĂ©s de Rouen et du Havre, 2012 les derniĂšres connaissancesDavid Garrioch, La fabrique du Paris rĂ©volutionnaire, Paris, La DĂ©couverte, 2013 comment les Parisiens sont-ils devenus rĂ©volutionnaires ?François Gendron, La Jeunesse dorĂ©e. Épisodes de la RĂ©volution française, Les Presses de l'UniversitĂ© du QuĂ©bec, 1979 quand la jeune bourgeoisie parisienne veut en finir avec la RĂ©volutionMaurice Genty, Paris, 1789-1795. L’apprentissage de la citoyennetĂ©, Messidor, 1988 l’apprentissage de la politique vu depuis les quartiers parisiensAntoine Lilti, Le monde des salons SociabilitĂ© et mondanitĂ© Ă  Paris au XVIIIe siĂšcle, Fayard, 2005 une plongĂ©e dans la mondanitĂ© parisienne des LumiĂšresRaymonde Monnier dir., À Paris sous la RĂ©volution, Éditions de la Sorbonne, 2008 un recueil d’études sur le Paris rĂ©volutionnaireMona Ozouf, La fĂȘte rĂ©volutionnaire, 1789-1799, Paris, Fayard, 1976 de trĂšs belles pages sur les fĂȘtes rĂ©volutionnaires parisiennesTimothy Tackett, Par la volontĂ© du peuple. Comment les dĂ©putĂ©s de 1789 sont devenus rĂ©volutionnaires, Paris, Albin Michel, 1997 comment des hommes d’Ancien RĂ©gime se transforment en rĂ©volutionnaires, entre Versailles et ParisMichel Vovelle dir., Paris et la RĂ©volution, Paris, Publications de la Sorbonne, 1989 un recueil sur Paris et la RĂ©volution publiĂ© au moment du BicentenaireParis et ses quartiersHaim Burstin, Une RĂ©volution Ă  l’Ɠuvre. Le faubourg Saint-Marcel 1789-1794, Seyssel, Champ Vallon, 2005 la somme sur un faubourg populaire oubliĂ© et pourtant essentiel pendant la RĂ©volutionYouri Carbonnier, Maisons parisiennes des LumiĂšres, Paris, Presses de l’universitĂ© de Paris-Sorbonne, 2006 les maisons parisiennes et les nouvelles maniĂšres de vivre au XVIIIe siĂšcleGeorges Garrigues, Les districts parisiens pendant la RĂ©volution française, Éditions SPES, 1931 la RĂ©volution Ă  l’échelle des quartiersRaymonde Monnier, Le faubourg Saint-Antoine 1789-1815, SociĂ©tĂ© des Études Robespierristes, 1981 le livre de rĂ©fĂ©rence sur le faubourg Saint-Antoine et ses sans-culottesLe peuple de ParisHaim Burstin, L’invention du sans-culotte, Odile Jacob, 2005 comment le sans-culotte fut fabriquĂ© comme portrait-type du bon rĂ©volutionnaireArlette Farge, Vivre dans la rue Ă  Paris au XVIIIe siĂšcle, Paris, Gallimard-Julliard, 1979 les Parisiens au quotidienDominique Godineau, Citoyennes tricoteuses. Les femmes du peuple Ă  Paris pendant la RĂ©volution française 1re Ă©d. 1988, Perrin, 2004 le premier livre sur les Parisiennes pendant la RĂ©volutionClaude Guillon, Notre patience est Ă  bout, 1792-1793, les Ă©crits des EnragĂ©es, Éditions Imho, Paris, 2016 les sans-culottes radicaux prennent la paroleSteven L. Kaplan, La fin des corporations, Paris, Fayard, 2001 les communautĂ©s de mĂ©tiers Ă  Paris et leur disparitionClyde Plumauzille, Prostitution et RĂ©volution. Les femmes publiques dans la citĂ© rĂ©publicaine 1789-1804, Champ Vallon, 2016 les prostituĂ©es de Paris, actrices oubliĂ©es d’une ville en rĂ©volutionDaniel Roche, Le peuple de Paris, Paris, Fayard, 1998 le livre de rĂ©fĂ©rence sur les classes populaires parisiennes des LumiĂšresAlbert Soboul, Les sans-culottes parisiens en l'an II. Mouvement populaire et gouvernement rĂ©volutionnaire, 2 juin 1793 - 9 thermidor an II, R. Clavreuil, 1958 le premier livre sur l’histoire collective des sans-culottes parisiensEvĂ©nements parisiens de la RĂ©volutionHeloĂŻse Bocher, DĂ©molir la Bastille. L'Ă©dification d'un lieu de mĂ©moire, VendĂ©miaire, 2012 un Ă©vĂ©nement aussi important que la prise de la Bastille sa dĂ©molitionFrançoise Brunel, 1794 Thermidor et la chute de Robespierre, Complexe, 1989 les logiques politiques de la fin de RobespierreMonique Cottret, La Bastille Ă  prendre, 1986 comment se forge, bien avant 1789 le fantasme collectif de la prise de la BastilleJacques Godechot, Le 14 juillet 1789, La prise de la Bastille, Gallimard, 1965 presque heure par heure, le rĂ©cit du 14 juilletHans-JĂčrgen LĂ»sebrink, Rolf Reichardt, L’imagerie rĂ©volutionnaire de la Bastille, Paris musĂ©es, 2009 histoire d’un imaginaire de la libertĂ© la prise de la BastilleGuillaume Mazeau, Le Bain de l’histoire, Charlotte Corday et l’assassinat de Marat, Champ Vallon, 2009 l’assassinat de Marat et son impact Ă  ParisMarcel Reinhard, 10 aoĂ»t 1792. La chute de la RoyautĂ©, Gallimard, 1969 la Prise des Tuileries et la fin de la monarchieLivres de tĂ©moignages, mĂ©moiresBiographies, figures de la RĂ©volution Ă  Paris Antoine de Baecque dir., Marie-Antoinette. MĂ©tamorphoses d’une image, Éditions du Patrimoine, 2019 plusieurs essais sur l’image de Marie-Antoinette dans l’histoireHĂ©lĂšne Becquet, Louis XVII, Perrin, 2017 une biographie qui revient sur la vie et les lĂ©gendes ayant entourĂ© la pseudo-survie de Louis XVIIHĂ©lĂšne Becquet, Marie-ThĂ©rĂšse de France. L'orpheline du Temple, Paris, Perrin, 2012 biographie d'une survivante Madame Royale », la fille de Louis XVI et de Marie-AntoinetteYvon Bizardel, Les AmĂ©ricains Ă  Paris pendant la RĂ©volution, Calmann-LĂ©vy, 1972 pourquoi Paris est aussitĂŽt regardĂ©e comme la capitale des rĂ©volutionsNicole Bossut, Chaumette, porte-parole des sans-culottes, CTHS, 1998 l’itinĂ©raire d’une figure majeure de la Commune de Paris en RĂ©volutionHaim Burstin, RĂ©volutionnaires, VendĂ©miaire, 2013 un livre en forme de portrait collectif de figures de la RĂ©volutionPierre Casselle, JĂ©rĂŽme PĂ©tion ou la rĂ©volution pacifique, VendĂ©miaire, 2016 la biographie d’un maire de Paris qui a marquĂ© la RĂ©volutionOlivier Coquard, Marat, Fayard, 1993 la meilleure biographie politique de l’Ami du peupleAnnie Duprat, Marie-Antoinette, 1755-1793 . Images et visages d'une reine, Autrement, 2013 tout comprendre sur Marie-Antoinette et son imagePatrice Gueniffey, Bonaparte 1769-1802, Gallimard, 2013 une excellente biographie de Bonaparte avant NapolĂ©onClaude Guillon, Deux enragĂ©s de la RĂ©volution Leclerc de Lyon et Pauline LĂ©on, La Digitale, 1993 le portrait de deux figures de la sans-culotterie parisienneHervĂ© Leuwers, Camille et Lucile Desmoulins un rĂȘve de RĂ©publique, Fayard, 2018 une biographie croisĂ©e d’un fameux couple de la RĂ©volutionWalter Markov, Jacques Roux, le curĂ© rouge, Libertalia, 2017 une biographie engagĂ©e d’une figure de la RĂ©volution populaire parisienneJean-ClĂ©ment Martin, Robespierre la fabrication d’un monstre, Perrin, 2016 retour sur la lĂ©gende noire de RobespierreCĂ©cile Obligi, Robespierre. La probitĂ© rĂ©voltante, Belin, 2012 la complexitĂ© de Robespierre expliquĂ©e avec une grande clartĂ©Jean-Christian Petitfils, Louis XVI, Perrin, 2005 la meilleure biographie Ă  ce jour d’un roi qui fut rĂ©formateur avant d’ĂȘtre dĂ©passĂ© par la RĂ©volutionÉlisabeth Roudinesco, ThĂ©roigne de MĂ©ricourt, une femme mĂ©lancolique sous la RĂ©volution, Seuil, 1989 une biographie-psychanalyse d’une des plus grandes figures fĂ©minines de la RĂ©volution parisienneSources, recueil de sources accessibles en ligne sur Paris et la RĂ©volution française Maurice Tourneux, Bibliographie de l’histoire de Paris pendant la RĂ©volution française, 1890-1913, 5 Chassin, Les Ă©lections et les cahiers de Paris en 1789, 4 vol., 1888-1889Sigismond Lacroix, Actes de la Commune de Paris pendant la RĂ©volution, 1894-1914, 16 Tourneux, ProcĂšs-verbaux de la Commune de Paris, 10 aoĂ»t 1792-1er juin 1793, 1894Alphonse Aulard, La SociĂ©tĂ© des Jacobins. Recueil de documents pour l’histoire des Jacobins de Paris, 1889-1897, 6 Aulard, Paris pendant la rĂ©action thermidorienne et sous le Directoire. Recueil de documents pour l’histoire de l’esprit public Ă  Paris, 1898-1902, 5 Robiquet, Le personnel municipal de Paris pendant la RĂ©volution. PĂ©riode constitutionnelle, 1890TĂ©moignages, mĂ©moires Jean-Sylvain Bailly, MĂ©moires 1re Ă©d. 1821-1822, PalĂ©o, 2013, version plus ancienne les mĂ©moires du premier maire de ParisBertrand BarĂšre de Vieuzac, MĂ©moires de B. BarĂšre, 1842-1844, Labitte, 4 vol. les mĂ©moires d’une des plus grandes figures de la RĂ©volution pendant la TerreurFrançois-Dominique de Reynaud de Montlosier, MĂ©moires de M. le Comte de Montlosier, sur la RĂ©volution française, le Consulat, l’Empire, la Restauration et les principaux Ă©vĂ©nemens qui l’ont suivie, 1755-1830, 2 vol., 1re Ă©d. 1830 les souvenirs d’un des premiĂšres tĂȘtes pensantes de la Contre-RĂ©volutionGilbert du Motier de La Fayette, MĂ©moires, correspondance et manuscrits du gĂ©nĂ©ral La Fayette 1re Ă©d. 1837-1838, 3 t., Hachette/BNF les mĂ©moires de La Fayette, figure des rĂ©volutions amĂ©ricaine et françaisePierre-Victor MalouĂ«t, MĂ©moires de Malouet, 1re Ă©dition 1868 souvenirs d’une figure majeure de la RĂ©volutionJournĂ©e de Jean-Baptiste Humbert, horloger, qui, le premier, a montĂ© sur les tours de la Bastille, 1789 le tĂ©moignage d’un des nombreux Parisiens qui ont pris la BastilleAbel Beffroy de Reigny, PrĂ©cis exact de la prise de la Bastille, rĂ©digĂ© sous les yeux des principaux acteurs qui ont jouĂ© un rĂŽle dans cette expĂ©dition, & lu le mĂȘme jour Ă  l'hĂŽtel-de-ville, 1789 le rĂ©cit embarquĂ© » par un journaliste qui a Ă©tĂ© lui-mĂȘme embastillĂ©François-Claude de BouillĂ©, MĂ©moires du marquis de BouillĂ©, 1859 le rĂ©cit du gĂ©nĂ©ral BouillĂ©, une des grandes figures de l’Ancien RĂ©gimePierre-Victor de Besenval de BrĂŒnstatt, MĂ©moires du baron de BĂ©senval sur la cour de France, Mercure de France, 2011 les mĂ©moires du commandant militaire de Paris et de ses environs au dĂ©but de la RĂ©volutionJean Dusaulx, MĂ©moires de Linguet sur la Bastille et mĂ©moires de Dusaulx sur le 14 juillet, 1821 le rĂ©cit du 14 juillet par un Ă©lecteur de ParisFournier-L’HĂ©ritier, dit Fournier L’AmĂ©ricain, MĂ©moires secrets et autres textes, L’Harmattan, 2010, Ă©dition plus ancienne le rĂ©cit des premiĂšres journĂ©es de la RĂ©volution par un de ses acteurs, venu de Saint-DomingueRose Bertin, MĂ©moires sur Marie-Antoinette, Rivages, 2014, version plus ancienne les mĂ©moires de la marchande de modes parisienne et fournisseuse officielle de la reineLouise-Élisabeth de CroĂż de Tourzel, MĂ©moires de Madame la duchesse de Tourzel, gouvernante des Enfants de France de 1789 Ă  1795, Mercure de France, 2005, version plus ancienne la RĂ©volution vue par la gouvernante des Enfants de FranceHenriette Campan, MĂ©moires de Madame Campan, premiĂšre femme de chambre de Marie-Antoinette, Mercure de France, 2017, version plus ancienne la RĂ©volution vue depuis le cƓur de la famille royaleMĂ©moires de dĂ©putĂ©s Girondins MĂ©moires inĂ©dits de PĂ©tion et mĂ©moires de Buzot & de Barbaroux, 1866. Consultable sur Gallica la RĂ©volution vue par trois dĂ©putĂ©s rĂ©publicains modĂ©rĂ©sJacques-Pierre Brissot de Warville, Brissot mĂ©moires 1754-1793 suivi de correspondance et papiers, BNF/Hachette, 2013, version plus ancienne les mĂ©moires du chef de file des Girondins, rĂ©publicains modĂ©rĂ©sAntoine-Claire Thibaudeau, MĂ©moires 1re Ă©d., SPM, 2014, version plus ancienne les souvenirs d’un dĂ©putĂ© montagnard, rĂ©publicain radicalCharles de Lacretelle, Dix annĂ©es d’épreuves pendant la RĂ©volution 1e Ă©d. 1842, Tallandier, 2011 la RĂ©volution racontĂ©e par un journaliste et historien conservateurLevasseur de la Sarthe, MĂ©moires 1re Ă©d. 1829, Messidor, 1989, version plus ancienne les souvenirs d’un rĂ©publicain radical de la MontagneLouis-SĂ©bastien Mercier, Le Tableau de Paris 1re Ă©dition 1781-1788, La DĂ©couverte, 2006, version plus ancienne une description prĂ©cise et empathique du Paris populaire de la fin du XVIIIe siĂšcleNicolas-Edme RĂ©tif de La Bretonne, Les Nuits de Paris 1e Ă©d. 1788, Gallimard, 1986, version plus ancienne pour dĂ©couvrir Paris la nuit, survolĂ©e par un hibou-spectateur, juste avant la RĂ©volutionAdrien Duquesnoy, Un rĂ©volutionnaire malgrĂ© lui Journal mai-octobre 1789, Mercure de France, 2016, version plus ancienne la RĂ©volution vue au jour le jour par un modeste dĂ©putĂ©Jean Rossignol, Vie de Jean Rossignol, vainqueur de la Bastille, Mercure de France, 2011 le 14 juillet 1789 racontĂ© par un insurgĂ©, devenu gĂ©nĂ©ral sous la RĂ©publiqueManon Roland, Appel Ă  l’impartiale postĂ©ritĂ©, Dagarno, 1998 les mĂ©moires de Madame Roland, la femme rĂ©volutionnaire la plus influente de son Ă©poqueSophie-Victoire-Alexandrine de Girardin, comtesse de Vassy Ă©galement Sophie de Bohm, PrisonniĂšre sous la Terreur mĂ©moires d'une captive en 1793, Cosmopole, 2006 la RĂ©volution vue par une jeune noble libĂ©rale, arrĂȘtĂ©e pendant la TerreurMadame de Genlis, MĂ©moires inĂ©dits de la comtesse de Genlis sur le XVIIIe siĂšcle et la RĂ©volution française, Ladvocat, 1825François-Armand comte Cholet et HonorĂ©-Jean Riouffe, Histoires de Terreur. Les MĂ©moires de François Armand Cholet et HonorĂ© Riouffe, HonorĂ© Champion, 2014. Autre version consultable sur Gallica deux tĂ©moignages sur la vie Ă  Paris pendant la TerreurJoseph FouchĂ©, MĂ©moires de Joseph FouchĂ©, duc d’Otrante, Le Rouge, 1824, version plus ancienne les mĂ©moires d’un rĂ©volutionnaire devenu homme de l’ordre sous l’EmpireJacques Necker, De la RĂ©volution française 1re Ă©d. 1797, Hachette, BNF, 2014, version plus ancienne une vision dĂ©sabusĂ©e de la RĂ©volution par le ministre le plus populaire de la fin du XVIIIe siĂšcleGermaine de StaĂ«l, ConsidĂ©rations sur les principaux Ă©vĂ©nements de la RĂ©volution française 1re Ă©dition 1812, HonorĂ© Champion, 2017, version plus ancienne la RĂ©volution racontĂ©e par une fameuse femme de lettres, qui est aussi la fille de Jacques Neckerƒuvres de fictionBDJosĂ©-Louis Bocquet, Catel, Olympe de Gouges, Casterman, 2012 la biographie en images d’Olympe de Gouges BollĂ©e, Olivier Martin, J’ai tuĂ© Marat, GlĂ©nat, 2016 retour sur l’assassinat de Marat par Corday, le 13 juillet 1793Florent Grouazel, Youn Locard, RĂ©volution, tome 1 LibertĂ©, Actes Sud, 2019 une plongĂ©e magistrale dans les dĂ©buts de la RĂ©volution populaireHervĂ© Leuwers, Mathieu Gabella et Roberto Meli, Robespierre, GlĂ©nat, 2017CinĂ©maJean Renoir, La Marseillaise, 1938 des volontaires Marseillais viennent Ă  Paris pour rejoindre l’armĂ©e du Rhin. DerriĂšre le film historique, une Ă©vocation du Front Populaire et de la France de 1938Jean Delannoy, Marie-Antoinette, Reine de France, 1955 une Ă©vocation Technicolor trĂšs bienveillante Ă  l’égard de la reinePeter Brook, Marat/Sade, 1966 Ă  travers le dialogue conflictuel entre deux figures radicales de la RĂ©volution, une rĂ©flexion sur l’action politique, sur la violence, sur la folie et sur la maniĂšre de reprĂ©senter le mondeJean-Paul Rappeneau, Les MariĂ©s de l’an II, 1971 Ă  partir d’un fait historique, la lĂ©galisation du divorce en 1792, un vaudeville picaresque sur fond de guerre civile entre l’Ouest de la France, Paris, l’AmĂ©rique et CoblenceEttore Scola, La Nuit de Varennes, 1982 la fuite de la famille royale en juin 1791 et surtout une rĂ©flexion sur la fuite du temps en rĂ©volutionAndrzej Wajda, Danton, 1982 un portrait empathique de Danton, incroyablement incarnĂ© par DepardieuPhilippe de Broca, Chouans !, 1988 un film d’aventures dans la France de l’Ouest en 1793, alors que la guerre civile fait rageLa RĂ©volution française de Robert Enrico partie 1 et Richard T. Heffron partie 2, 1989 rĂ©alisĂ© pour le Bicentenaire de la RĂ©volution, le film le plus pĂ©dagogique, reposant sur une reconstitution presque sans failleÉric Rohmer, L’Anglaise et le Duc, 2001 la rĂ©volution parisienne vue – ou plutĂŽt imaginĂ©e – depuis l’appartement d’une aristocrate anglaise, proche du duc d’OrlĂ©ans. Une adaptation libre des mĂ©moires de Grace Elliott, emprisonnĂ©e pendant la TerreurSophia Coppola, Marie-Antoinette, 2006 Ă  travers un portrait trĂšs actualisĂ© de la reine, le film dĂ©poussiĂšre les reprĂ©sentations habituelles de Marie-Antoinette, une reine prise au piĂšge de son image publiqueBenoĂźt Jacquot, Les Adieux Ă  la Reine, 2012 au travers des liens ambigus entre la reine et sa jeune lectrice, une subtile Ă©vocation de l’effondrement de l’Ancien RĂ©gime, vu depuis l’intĂ©rieur du chĂąteau de Versailles en juillet 1789Pierre Schoeller, Un peuple et son roi, 2018 la rĂ©volution parisienne vue par un groupe d’amis et de voisins du faubourg Saint-Antoine. Un film qui recharge la rĂ©volution populaire parisienne de son souffle politiqueJeux vidĂ©oAssassin’s Creed Unity, 2014 une reconstitution Ă©poustouflante des rues de Paris pendant la RĂ©volution françaiseWe. The Revolution, 2019 devenez juge du Tribunal rĂ©volutionnaire. Une vision trĂšs noire de la RĂ©volutionLittĂ©ratureChristophe Bigot, Autoportrait Ă  la guillotine, Stock, 2018 passionnĂ© par la RĂ©volution, Christophe Bigot dĂ©crit la maniĂšre dont l’évĂ©nement nous hante encore aujourd’huiCharles Dickens, Un conte de deux villes 1re Ă©d. 1859, Gallimard, 1989 un portrait croisĂ© de Paris et Londres en 1793Anatole France, Les Dieux ont soif, Calmann-LĂ©vy, 1912 une sombre plongĂ©e dans les annĂ©es de la Terreur Ă  Paris. Une vision trĂšs noire de la RĂ©volutionVictor Hugo, Quatre-Vingt-Treize 1re Ă©d. 1874, Le Livre de Poche, 2001 l’épopĂ©e de plusieurs personnages dans l’Ouest de la France pendant la TerreurLeslie Kaplan, Mathias et la RĂ©volution, 2015 les dĂ©ambulations de Mathias dans les rues actuelles de Paris, hantĂ©es par la RĂ©volution françaisePierre Michon, Les Onze, Verdier, 2009 une plongĂ©e dans l’imaginaire suscitĂ© par le ComitĂ© de salut publicÉric Vuillard, 14 juillet, Actes Sud, 2016 entre histoire et fiction, la prise de la Bastille racontĂ©e par le petit peuple de Paris. Un souffle Ă©mancipateurStefan Zweig, Marie-Antoinette 1re Ă©d. 1932, Grasset, 2002 sous forme de fiction, la meilleure biographie de Marie-Antoinette Ă  ce jour ?ThéùtreGeorg BĂŒchner, La mort de Danton 1835, Éditions théùtrales, 2012 dans les derniers jours de Danton, les rĂ©volutionnaires aux prises avec une rĂ©volution qui s’est emballĂ©eAriane Mnouchkine, 1789. La rĂ©volution doit s’arrĂȘter Ă  la perfection du bonheur, 1970 la rĂ©volution comme Ă©mancipation collective, du grand théùtre politiqueAriane Mnouchkine, 1793. La citĂ© rĂ©volutionnaire est de ce monde, 1972 comment faire advenir la citĂ© rĂ©volutionnaire ?Heiner MĂŒller, La Mission, 1979 trois dĂ©putĂ©s, partis Ă  la JamaĂŻque pour inciter les esclaves Ă  se soulever contre les Britanniques, voient leur mission s’annuler Ă  Paris, Bonaparte a pris le pouvoir. Une mĂ©ditation mĂ©lancolique sur les revirements et les regrets des rĂ©volutionsSylvain Creuzevault, Notre terreur, 2009 les membres du ComitĂ© de salut public aux prises avec leurs propres contradictions. Une grande piĂšce sur le vertige de l’action rĂ©volutionnaireJoĂ«l Pommerat, Ça ira 1 Fin de Louis, 2015 comment agir, dans le tourbillon des premiers mois de la RĂ©volution ? Depuis les siĂšges de l’AssemblĂ©e nationale et des assemblĂ©es de district, une rĂ©flexion sur la complexitĂ© d’un moment de fondation politique The Project Gutenberg EBook of Histoire de la RĂ©volution française, VII. by Adolphe Thiers This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included with this eBook or online at Title Histoire de la RĂ©volution française, VII. Author Adolphe Thiers Release Date April 8, 2004 [EBook 11964] Language French *** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK LA RVOLUTION FRANAISE, VII. *** Produced by Carlo Traverso, Tonya Allen, Wilelmina MalliĂšre and PG Distributed Proofreaders. This file was produced from images generously made available by the BibliothĂšque nationale de France BnF/Gallica at HISTOIRE DE LA RÉVOLUTION FRANÇAISE PAR M. A. THIERS TOME SEPTIÈME MDCCCXXXIX CONVENTION NATIONALE. CHAPITRE XXVI. CHAPITRE XXVII. CHAPITRE XXVIII. CHAPITRE XXIX. CHAPITRE XXX. CHAPITRE XXXI. TABLE DES CHAPITRES CONTENUS DANS LE TOME SEPTIÈME. CHAPITRE XXVI. CONTINUATION DE LA GUERRE SUR LE RHIN. PRISE DE NIMÈGUE PAR LES FRANÇAIS.—POLITIQUE EXTÉRIEURE DE LA FRANCE. PLUSIEURS PUISSANCES DEMANDENT A TRAITER.—DÉCRET D'AMNISTIE POUR LA VENDÉE.—CONQUÊTE DE LA HOLLANDE PAR PICHEGRU. PRISE D'UTRECHT, D'AMSTERDAM ET DES PRINCIPALES VILLES; OCCUPATION DES SEPT PROVINCES-UNIES. NOUVELLE ORGANISATION POLITIQUE DE LA HOLLANDE.—VICTOIRES AUX PYRÉNÉES.—FIN DE LA CAMPAGNE DE 1794.—LA PRUSSE ET PLUSIEURS AUTRES PUISSANCES COALISÉES DEMANDENT LA PAIX. PREMIÈRES NÉGOCIATIONS.—ÉTAT DE LA VENDÉE ET DE LA BRETAGNE. PUISAYE EN ANGLETERRE. MESURES DE HOCHE POUR LA PACIFICATION DE LA VENDÉE. NÉGOCIATIONS AVEC LES CHEFS VENDÉENS. Les armĂ©es françaises, maĂźtresses de toute la rive gauche du Rhin, et prĂȘtes Ă  dĂ©boucher sur la rive droite, menaçaient la Hollande et l'Allemagne fallait-il les porter en avant ou les faire entrer dans leurs cantonnemens? telle Ă©tait la question qui s'offrait. MalgrĂ© leurs triomphes, malgrĂ© leur sĂ©jour dans la riche Belgique, elles Ă©taient dans le plus grand dĂ©nuement. Le pays qu'elles occupaient, foulĂ© pendant trois ans par d'innombrables lĂ©gions, Ă©tait entiĂšrement Ă©puisĂ©. Aux maux de la guerre s'Ă©taient joints ceux de l'administration française, qui avait introduit Ă  sa suite les assignats, le maximum et les rĂ©quisitions. Des municipalitĂ©s provisoires, huit administrations intermĂ©diaires, et une administration centrale Ă©tablie Ă  Bruxelles, gouvernaient la contrĂ©e en attendant son sort dĂ©finitif. Quatre-vingts millions avaient Ă©tĂ© frappĂ©s sur le clergĂ©, les abbayes, les nobles, les corporations. Les assignats avaient Ă©tĂ© mis en circulation forcĂ©e; les prix de Lille avaient servi Ă  dĂ©terminer le maximum dans toute la Belgique. Les denrĂ©es, les marchandises utiles aux armĂ©es Ă©taient soumises Ă  la rĂ©quisition. Ces rĂšglemens n'avaient pas fait cesser la disette. Les marchands, les fermiers cachaient tout ce qu'ils possĂ©daient; et tout manquait Ă  l'officier comme au soldat. LevĂ©e en masse l'annĂ©e prĂ©cĂ©dente, Ă©quipĂ©e sur-le-champ, transportĂ©e en hĂąte Ă  Hondschoote, Watignies, Landau, l'armĂ©e entiĂšre n'avait plus rien reçu de l'administration que de la poudre et des projectiles. Depuis long-temps elle ne campait plus sous toile; elle bivouaquait sous des branches d'arbre, malgrĂ© le commencement d'un hiver dĂ©jĂ  trĂšs rigoureux. Beaucoup de soldats, manquant de souliers, s'enveloppaient les pieds avec des tresses de paille, ou se couvraient avec des nattes en place de capotes. Les officiers, payĂ©s en assignats, voyaient leurs appointemens se rĂ©duire quelquefois Ă  huit ou dix francs effectifs par mois; ceux qui recevaient quelques secours de leurs familles n'en pouvaient guĂšre faire usage, car tout Ă©tait requis d'avance par l'administration française. Ils Ă©taient soumis au rĂ©gime du soldat, marchant Ă  pied, portant le sac sur le dos, mangeant le pain de munition, et vivant des hasards de la guerre. L'administration semblait Ă©puisĂ©e par l'effort extraordinaire qu'elle avait fait pour lever et armer douze cent mille hommes. La nouvelle organisation du pouvoir, faible et divisĂ©e, n'Ă©tait pas propre Ă  lui rendre le nerf et l'activitĂ© nĂ©cessaires. Ainsi tout aurait commandĂ© de faire entrer l'armĂ©e en quartiers d'hiver, et de la rĂ©compenser de ses victoires et de ses vertus militaires par du repos et d'abondantes fournitures. Cependant nous Ă©tions devant la place de NimĂšgue, qui, placĂ©e sur le Wahal c'est le nom du Rhin prĂšs de son embouchure, en commandait les deux rives, et pouvait servir de tĂȘte de pont Ă  l'ennemi pour dĂ©boucher Ă  la campagne suivante sur la rive gauche. Il Ă©tait donc important de s'emparer de cette place avant d'hiverner; mais l'attaque en Ă©tait trĂšs difficile. L'armĂ©e anglaise, rangĂ©e sur la rive droite, y campait au nombre de trente-huit mille hommes; un pont de bateaux lui fournissait le moyen de communiquer avec la place et de la ravitailler. Outre ses fortifications, NimĂšgue Ă©tait prĂ©cĂ©dĂ©e par un camp retranchĂ© garni de troupes. Il aurait donc fallu, pour rendre l'investissement complet, jeter sur la rive droite une armĂ©e qui aurait eu Ă  courir les chances du passage et d'une bataille, et qui, en cas de dĂ©faite, n'aurait eu aucun moyen de retraite. On ne pouvait donc agir que par la rive gauche, et on Ă©tait rĂ©duit Ă  attaquer le camp retranchĂ© sans un grand espoir de succĂšs. Cependant les gĂ©nĂ©raux français Ă©taient dĂ©cidĂ©s Ă  essayer une de ces attaques brusques et hardies qui venaient de leur ouvrir en si peu de temps les places de MaĂ«stricht et Venloo. Les coalisĂ©s, sentant l'importance de NimĂšgue, s'Ă©taient rĂ©unis Ă  Arnheim pour concerter les moyens de la dĂ©fendre. Il avait Ă©tĂ© convenu qu'un corps autrichien, sous les ordres du gĂ©nĂ©ral Wernek, passerait Ă  la solde anglaise, et formerait la gauche du duc d'York pour la dĂ©fense de la Hollande. Tandis que le duc d'York, avec ses Anglais et ses Hanovriens, resterait sur la rive droite devant le pont de NimĂšgue, et renouvellerait les forces de la place, le gĂ©nĂ©ral Wernek devait tenter du cĂŽtĂ© de Wesel, fort au-dessus de NimĂšgue, un mouvement singulier, que les militaires expĂ©rimentĂ©s ont jugĂ© l'un des plus absurdes que la coalition ait imaginĂ©s pendant toutes ces campagnes. Ce corps, profitant d'une Ăźle que forme le Rhin vers Buderich, devait passer sur la rive gauche, et essayer une pointe entre l'armĂ©e de Sambre-et-Meuse et celle du Nord. Ainsi vingt mille hommes allaient ĂȘtre jetĂ©s au-delĂ  d'un grand fleuve entre deux armĂ©es victorieuses, de quatre-vingt Ă  cent mille hommes chacune, pour voir quel effet ils produiraient sur elles on devait les renforcer suivant l'Ă©vĂ©nement. On conçoit que ce mouvement, exĂ©cutĂ© avec les armĂ©es coalisĂ©es rĂ©unies, pĂ»t devenir grand et dĂ©cisif; mais essayĂ© avec vingt mille hommes, il n'Ă©tait qu'une tentative puĂ©rile et peut-ĂȘtre dĂ©sastreuse pour le corps qui en serait chargĂ©. NĂ©anmoins, croyant sauver NimĂšgue par ces moyens, les coalisĂ©s firent d'une part avancer le corps de Wernek vers Buderich, et de l'autre exĂ©cuter des sorties par la garnison de NimĂšgue. Les Français repoussĂšrent les sorties, et, comme Ă  MaĂ«stricht et Venloo, ouvrirent la tranchĂ©e Ă  une proximitĂ© de la place encore inusitĂ©e Ă  la guerre. Un hasard heureux accĂ©lĂ©ra leurs travaux. Les deux extrĂ©mitĂ©s de l'arc qu'ils dĂ©crivaient autour de NimĂšgue aboutissaient au Wahal; ils essayaient de tirer de ces extrĂ©mitĂ©s sur le pont. Quelques-uns de leurs projectiles atteignirent plusieurs pontons, et mirent en pĂ©ril les communications de la garnison avec l'armĂ©e anglaise. Les Anglais, qui Ă©taient dans la place, surpris de cet Ă©vĂ©nement imprĂ©vu, rĂ©tablirent les pontons, et se hĂątĂšrent de rejoindre le gros de leur armĂ©e sur l'autre rive, abandonnant Ă  elle-mĂȘme la garnison, composĂ©e de trois mille Hollandais. A peine les rĂ©publicains se furent-ils aperçus de l'Ă©vacuation, qu'ils redoublĂšrent le feu. Le gouverneur, Ă©pouvantĂ©, fit part au prince d'Orange de sa position, et obtint la permission de se retirer dĂšs qu'il jugerait le pĂ©ril assez grand. A peine eut-il reçu cette autorisation, qu'il repassa le Wahal de sa personne. Le dĂ©sordre se mit dans la garnison; une partie rendit les armes; une autre, ayant voulu se sauver sur un pont volant, fut arrĂȘtĂ©e par les Français, qui coupĂšrent les cĂąbles, et vint Ă©chouer dans une Ăźle oĂč elle fut faite prisonniĂšre. Le 18 brumaire 8 novembre, les Français entrĂšrent dans NimĂšgue, et se trouvĂšrent maĂźtres de cette place importante, grĂące Ă  leur tĂ©mĂ©ritĂ© et Ă  la terreur qu'inspiraient leurs armes. Pendant ce temps, les Autrichiens, commandĂ©s par Wernek, avaient essayĂ© de dĂ©boucher de Wesel; mais l'impĂ©tueux Vandamme, fondant sur eux au moment oĂč ils mettaient le pied au-delĂ  du Rhin, les avait rejetĂ©s sur la rive droite, et ils Ă©taient fort heureux de n'avoir pas obtenu plus de succĂšs, car ils auraient couru la chance d'ĂȘtre dĂ©truits, s'ils se fussent avancĂ©s davantage. Le moment Ă©tait enfin arrivĂ© d'entrer dans les cantonnemens, puisqu'on Ă©tait maĂźtre de tous les points importans sur le Rhin. Sans doute, conquĂ©rir la Hollande, s'assurer ainsi la navigation de trois grands fleuves, l'Escaut, la Meuse et le Rhin; priver l'Angleterre de sa plus puissante alliance maritime, menacer l'Allemagne sur ses flancs, interrompre les communications de nos ennemis du continent avec ceux de l'OcĂ©an, ou du moins les obliger Ă  faire le long circuit de Hambourg; nous ouvrir enfin la plus riche contrĂ©e du monde, et la plus dĂ©sirable pour nous dans l'Ă©tat oĂč se trouvait notre commerce, Ă©tait un but digne d'exciter l'ambition de notre gouvernement et de nos armĂ©es; mais comment oser tenter cette conquĂȘte de la Hollande, presque impossible en tout temps, mais surtout inexĂ©cutable dans la saison des pluies? SituĂ©e Ă  l'embouchure de plusieurs fleuves, la Hollande ne consiste qu'en quelques lambeaux de terre jetĂ©s entre les eaux de ces fleuves et celles de l'OcĂ©an. Son sol, partout infĂ©rieur au lit de eaux, est sans cesse menacĂ© par la mer, le Rhin, la Meuse, l'Escaut, et coupĂ© en outre par de petits bras dĂ©tachĂ©s des fleuves, et par une multitude de canaux artificiels. Ces bas-fonds si menacĂ©s sont couverts de jardins, de villes manufacturiĂšres et d'arsenaux. A chaque pas que veut y faire une armĂ©e, elle trouve ou de grands fleuves, dont les rives sont des digues Ă©levĂ©es et chargĂ©es de canons, ou des bras de riviĂšres et des canaux, tous dĂ©fendus par l'art des fortifications, ou enfin des places qui sont les plus fortes de l'Europe. Ces grandes manoeuvres, qui souvent dĂ©concertent la dĂ©fense mĂ©thodique en rendant les siĂ©ges inutiles, sont donc impossibles au milieu d'un pays coupĂ© et dĂ©fendu par des lignes innombrables. Si une armĂ©e parvient cependant Ă  vaincre tant d'obstacles et Ă  s'avancer en Hollande, ses habitans, par un acte d'hĂ©roĂŻsme dont ils donnĂšrent l'exemple sous Louis XIV, n'ont qu'Ă  percer leurs digues, et peuvent engloutir avec leur pays l'armĂ©e assez tĂ©mĂ©raire pour y pĂ©nĂ©trer. Il leur reste leurs vaisseaux, avec lesquels ils peuvent, comme les AthĂ©niens, s'enfuir avec leurs principales dĂ©pouilles, et attendre des temps meilleurs, ou aller dans les Indes habiter un vaste empire qui leur appartient. Toutes ces difficultĂ©s deviennent bien plus grandes encore dans la saison des inondations, et une alliance maritime telle que celle de l'Angleterre les rend insurmontables. Il est vrai que l'esprit d'indĂ©pendance qui travaillait les Hollandais Ă  cette Ă©poque, leur haine du stathoudĂ©rat, leur aversion contre l'Angleterre et la Prusse, la connaissance qu'ils avaient de leurs intĂ©rĂȘts vĂ©ritables, leurs ressentimens de la rĂ©volution si malheureusement Ă©touffĂ©e en 1787, donnaient la certitude aux armĂ©es françaises d'ĂȘtre vivement dĂ©sirĂ©es. On devait croire que les Hollandais s'opposeraient Ă  ce qu'on perçùt les digues, et qu'on ruinĂąt le pays pour une cause qu'ils dĂ©testaient. Mais l'armĂ©e du prince d'Orange, celle du duc d'York les comprimaient encore, et rĂ©unies, elles suffisaient pour empĂȘcher le passage des innombrables lignes qu'il fallait emporter en leur prĂ©sence. Si donc une surprise Ă©tait tĂ©mĂ©raire du temps de Dumouriez, elle Ă©tait presque folle Ă  la fin de 1794. NĂ©anmoins le comitĂ© de salut public, excitĂ© par les rĂ©fugiĂ©s hollandais, songeait sĂ©rieusement Ă  pousser une pointe au-delĂ  du Wahal. Pichegru, presque aussi maltraitĂ© que ses soldats, qui Ă©taient couverts de gale et de vermine, Ă©tait allĂ© Ă  Bruxelles se faire guĂ©rir d'une maladie cutanĂ©e. Moreau et RĂ©gnier l'avaient remplacĂ© tous deux conseillaient le repos et les quartiers d'hiver. Le gĂ©nĂ©ral hollandais Daendels, rĂ©fugiĂ© hollandais, militaire intrĂ©pide, proposait avec instance une premiĂšre tentative sur l'Ăźle de Bommel, sauf Ă  ne pas poursuivre si cette attaque ne rĂ©ussissait pas. La Meuse et le Wahal, coulant parallĂšlement vers la mer, se joignent un moment fort au-dessous de NimĂšgue, se sĂ©parent de nouveau, et se rĂ©unissent encore Ă  Wondrichem, un peu au-dessus de Gorcum. Le terrain compris entre leurs deux bras forme ce qu'on appelle l'Ăźle de Bommel. MalgrĂ© l'avis de Moreau et RĂ©gnier, une attaque fut tentĂ©e sur cette Ăźle par trois points diffĂ©rens elle ne rĂ©ussit pas, et fut abandonnĂ©e sur-le-champ avec une grande bonne foi, surtout de la part de Daendels, qui s'empressa d'en avouer l'impossibilitĂ© dĂšs qu'il l'eut reconnue. Alors, c'est-Ă -dire vers le milieu de frimaire commencement de dĂ©cembre, on donna Ă  l'armĂ©e les quartiers d'hiver dont elle avait tant besoin, et on Ă©tablit une partie des cantonnemens autour de Breda pour en former le blocus. Cette place et celle de Grave ne s'Ă©taient pas rendues, mais le dĂ©faut de communications pendant la durĂ©e de l'hiver devait certainement les obliger Ă  se rendre. C'est dans cette position que l'armĂ©e croyait voir s'achever la saison; et certes, elle avait assez fait pour ĂȘtre fiĂšre de sa gloire et de ses services. Mais un hasard presque miraculeux lui rĂ©servait de nouvelles destinĂ©es le froid, dĂ©jĂ  trĂšs vif, augmenta bientĂŽt au point de faire espĂ©rer que peut-ĂȘtre les grands fleuves seraient gelĂ©s. Pichegru quitta Bruxelles, et n'acheva pas de se faire guĂ©rir, afin d'ĂȘtre prĂȘt Ă  saisir l'occasion de nouvelles conquĂȘtes, si la saison la lui offrait. En effet, l'hiver devint bientĂŽt plus rude, et s'annonça comme le plus rigoureux du siĂšcle. DĂ©jĂ  la Meuse et le Wahal charriaient et leurs bords Ă©taient pris. Le 3 nivĂŽse 23 dĂ©cembre, la Meuse fut entiĂšrement gelĂ©e, et de maniĂšre Ă  pouvoir porter du canon. Le gĂ©nĂ©ral Walmoden, Ă  qui le duc d'York avait laissĂ© le commandement en partant pour l'Angleterre, et qu'il avait condamnĂ© ainsi Ă  n'essuyer que des dĂ©sastres, se vit dans la position la plus difficile. La Meuse Ă©tant glacĂ©e, son front se trouvait dĂ©couvert; et le Wahal charriant, menaçant mĂȘme d'emporter tous les ponts, sa retraite Ă©tait compromise. BientĂŽt mĂȘme il apprit que le pont d'Arnheim venait d'ĂȘtre emportĂ©; il se hĂąta de faire filer sur ses derriĂšres ses bagages et sa grosse cavalerie, et lui-mĂȘme dirigea sa retraite sur Deventer, vers les bords de l'Yssel. Pichegru, profitant de l'occasion que lui offrait la fortune de surmonter des obstacles ordinairement invincibles, se prĂ©para Ă  franchir la Meuse sur la glace. Il se disposa Ă  la passer sur trois points, et Ă  s'emparer de l'Ăźle de Bommel, tandis que la division qui bloquait Breda attaquerait les lignes qui entouraient cette place. Ces braves Français, exposĂ©s presque sans vĂȘtemens au plus rude hiver du siĂšcle, marchant avec des souliers auxquels il ne restait que l'empeigne, sortirent aussitĂŽt de leurs quartiers, et renoncĂšrent gaiement au repos dont ils commençaient Ă  peine Ă  jouir. Le 8 nivĂŽse 28 dĂ©cembre, par un froid de dix-sept degrĂ©s, ils se prĂ©sentĂšrent sur trois points, Ă  CrĂšvecoeur, Empel et le fort Saint-AndrĂ©; ils franchirent la glace avec leur artillerie, surprirent les Hollandais, presque engourdis par le froid, et les dĂ©firent complĂštement. Tandis qu'ils s'emparaient de l'Ăźle de Bommel, celle de leurs divisions qui assiĂ©geait Breda en attaqua les lignes, et les emporta. Les Hollandais, assaillis sur tous les points, se retirĂšrent en dĂ©sordre, les uns vers le quartier-gĂ©nĂ©ral du prince d'Orange, qui s'Ă©tait toujours tenu Ă  Gorcum, les autres Ă  Thiel. Dans le dĂ©sordre de leur retraite, ils ne songĂšrent pas mĂȘme Ă  dĂ©fendre les passages du Wahal, qui n'Ă©tait pas entiĂšrement gelĂ©. Pichegru, maĂźtre de l'Ăźle de Bommel, dans laquelle il avait pĂ©nĂ©trĂ© en passant sur les glaces de la Meuse, franchit le Wahal sur diffĂ©rens points, mais n'osa pas s'aventurer au-delĂ  du fleuve, la glace n'Ă©tant pas assez forte pour porter du canon. Dans cette situation, le sort de la Hollande Ă©tait dĂ©sespĂ©rĂ© si la gelĂ©e continuait, et tout annonçait que le froid durerait. Le prince d'Orange avec ses Hollandais dĂ©couragĂ©s Ă  Gorcum, Walmoden avec ses Anglais en pleine retraite sur Deventer, ne pouvaient tenir contre un vainqueur formidable, qui leur Ă©tait de beaucoup supĂ©rieur en forces, et qui venait d'enfoncer le centre de leur ligne. La situation politique n'Ă©tait pas moins alarmante que la situation militaire. Les Hollandais, pleins d'espĂ©rance et de joie en voyant s'approcher les Français, commençaient Ă  s'agiter. Le parti orangiste Ă©tait de beaucoup trop faible pour imposer au parti rĂ©publicain. Partout les ennemis de la puissance stathoudĂ©rienne lui reprochaient d'avoir aboli les libertĂ©s du pays, d'avoir enfermĂ© ou banni les meilleurs et les plus gĂ©nĂ©reux patriotes, d'avoir surtout sacrifiĂ© la Hollande Ă  l'Angleterre, en l'entraĂźnant dans une alliance contraire Ă  tous ses intĂ©rĂȘts commerciaux et maritimes. Ils se rĂ©unissaient secrĂštement en comitĂ©s rĂ©volutionnaires, prĂȘts Ă  se soulever au premier signal, Ă  destituer les autoritĂ©s, et Ă  en nommer d'autres. La province de Frise, dont les Ă©tats Ă©taient assemblĂ©s, osa dĂ©clarer qu'elle voulait se sĂ©parer du stathouder; les citoyens d'Amsterdam firent une pĂ©tition aux autoritĂ©s de la province, dans laquelle ils dĂ©claraient qu'ils Ă©taient prĂȘts Ă  s'opposer Ă  tout prĂ©paratif de dĂ©fense, et qu'ils ne souffriraient jamais surtout qu'on voulĂ»t percer les digues. Dans cette situation dĂ©sespĂ©rĂ©e, le stathouder songea Ă  nĂ©gocier, et adressa des envoyĂ©s au quartier-gĂ©nĂ©ral de Pichegru, pour demander une trĂšve, et offrir pour conditions de paix la neutralitĂ© et une indemnitĂ© des frais de la guerre. Le gĂ©nĂ©ral français et les reprĂ©sentans refusĂšrent la trĂšve; et, quant aux offres de paix, en rĂ©fĂ©rĂšrent aussitĂŽt au comitĂ© de salut public. DĂ©jĂ  l'Espagne, menacĂ©e par Dugommier, que nous avons laissĂ© descendant des PyrĂ©nĂ©es, et par Moncey, qui, maĂźtre du Guipuscoa, s'avançait sur Pampelune, avait fait des propositions d'accommodement. Les reprĂ©sentans envoyĂ©s en VendĂ©e, pour examiner si une pacification Ă©tait possible, avaient rĂ©pondu affirmativement et demandĂ© un dĂ©cret d'amnistie. Quelque secret que soit un gouvernement, toujours les nĂ©gociations de ce genre transpirent elles transpirent mĂȘme avec des ministres absolus, inamovibles; comment seraient-elles restĂ©es secrĂštes avec des comitĂ©s renouvelĂ©s par quart tous les mois? On savait dans le public que la Hollande, l'Espagne, faisaient des propositions; on ajoutait que la Prusse, revenue de ses illusions, et reconnaissant la faute qu'elle avait faite de s'allier Ă  la maison d'Autriche, demandait Ă  traiter; on savait par tous les journaux de l'Europe qu'Ă  la diĂšte de Ratisbonne plusieurs Ă©tats de l'Empire, fatiguĂ©s d'une guerre qui les touchait peu, avaient demandĂ© l'ouverture d'une nĂ©gociation tout disposait donc les esprits Ă  la paix; et de mĂȘme qu'ils Ă©taient revenus des idĂ©es de terreur rĂ©volutionnaire Ă  des sentimens de clĂ©mence, ils passaient maintenant des idĂ©es de guerre Ă  celles d'une rĂ©conciliation gĂ©nĂ©rale avec l'Europe. On recueillait les moindres circonstances pour en tirer des conjectures. Les malheureux enfans de Louis XVI, privĂ©s de tous leurs parens, et sĂ©parĂ©s l'un de l'autre dans la prison du Temple, avaient vu leur sort un peu amĂ©liorĂ© depuis le 9 thermidor. Le cordonnier Simon, gardien du jeune prince, avait pĂ©ri comme complice de Robespierre. On lui avait substituĂ© trois gardiens, dont un seul changeait chaque jour, et qui montraient au jeune prince plus d'humanitĂ©. On tirait de ces changemens opĂ©rĂ©s au Temple de vastes consĂ©quences. Le travail projetĂ© sur les moyens de retirer les assignats donnait lieu aussi Ă  de grandes conjectures. Les royalistes, qui se montraient dĂ©jĂ , et dont le nombre s'augmentait de ces incertains qui abandonnent toujours un parti qui commence Ă  faiblir, disaient avec malice qu'on allait faire la paix. Ne pouvant plus dire aux rĂ©publicains Vos armĂ©es seront battues, ce qui avait Ă©tĂ© rĂ©pĂ©tĂ© trop souvent sans succĂšs, et ce qui devenait trop niais, ils leur disaient On va les arrĂȘter dans la victoire; la paix est signĂ©e; on n'aura pas le Rhin; la condition de la paix sera le rĂ©tablissement de Louis XVII sur le trĂŽne, la rentrĂ©e des Ă©migrĂ©s, l'abolition des assignats, la restitution des biens nationaux. On conçoit combien de tels bruits devaient irriter les patriotes. Ceux-ci, dĂ©jĂ  effrayĂ©s des poursuites dirigĂ©es contre eux, voyaient avec dĂ©sespoir le but qu'ils avaient poursuivi avec tant d'effort, compromis par le gouvernement. A quoi destinez-vous le jeune Capet? disaient-ils; qu'allez-vous faire des assignats? Nos armĂ©es n'auront-elles versĂ© tant de sang que pour ĂȘtre arrĂȘtĂ©es au milieu de leurs victoires? n'auront-elles pas la satisfaction de donner Ă  leur patrie la ligne du Rhin et des Alpes? L'Europe a voulu dĂ©membrer la France; la juste reprĂ©saille de la France victorieuse sur l'Europe doit ĂȘtre de conquĂ©rir les provinces qui complĂštent son sol. Que va-t-on faire pour la VendĂ©e? Va-t-on pardonner aux rebelles quand on immole les patriotes? Il vaudrait mieux, s'Ă©cria un membre de la Montagne dans un transport d'indignation, ĂȘtre Charette que dĂ©putĂ© Ă  la convention.» On conçoit combien tous ces sujets de division, joints Ă  ceux que la politique intĂ©rieure fournissait dĂ©jĂ , devaient agiter les esprits. Le comitĂ© de salut public, se voyant pressĂ© entre les deux partis, se crut obligĂ© de s'expliquer il vint dĂ©clarer Ă  deux reprises diffĂ©rentes, une premiĂšre fois par l'organe de Carnot, une autre fois par celui de Merlin de Douai, que les armĂ©es avaient reçu ordre de poursuivre leurs triomphes, et de n'entendre les propositions de paix qu'au milieu des capitales ennemies. Les propositions de la Hollande lui parurent en effet trop tardives pour ĂȘtre acceptĂ©es, et il ne crut pas devoir consentir Ă  nĂ©gocier Ă  l'instant oĂč on allait ĂȘtre maĂźtre du pays. Abattre la puissance stathoudĂ©rienne, relever la rĂ©publique hollandaise, lui sembla digne de la rĂ©publique française. On s'exposa, Ă  la vĂ©ritĂ©, Ă  voir toutes les colonies de la Hollande et mĂȘme une partie de sa marine, devenir la proie des Anglais, qui dĂ©clareraient s'en emparer au nom du stathouder; mais les considĂ©rations politiques devaient l'emporter. La France ne pouvait pas ne pas abattre le stathoudĂ©rat; cette conquĂȘte de la Hollande ajoutait au merveilleux de ses victoires, intimidait davantage l'Europe, compromettait surtout les flancs de la Prusse, obligeait cette puissance Ă  traiter sur-le-champ, et par-dessus tout rassurait les patriotes français. En consĂ©quence Pichegru eut ordre de ne plus s'arrĂȘter. La Prusse, l'Empire, n'avaient encore fait aucune ouverture, et on n'eut rien Ă  leur rĂ©pondre. Quant Ă  l'Espagne, qui promettait de reconnaĂźtre la rĂ©publique et de lui payer des indemnitĂ©s, Ă  condition qu'on ferait vers les PyrĂ©nĂ©es un petit Ă©tat Ă  Louis XVII, elle fut Ă©coutĂ©e avec mĂ©pris et indignation, et ordre fut donnĂ© aux deux gĂ©nĂ©raux français de s'avancer sans relĂąche. Quant Ă  la VendĂ©e, un dĂ©cret d'amnistie fut rendu il portait que tous les rebelles, sans distinction de grade, qui poseraient les armes dans l'intervalle d'un mois, ne seraient pas poursuivis pour le fait de leur insurrection. Le gĂ©nĂ©ral Canclaux, destituĂ© Ă  cause de sa modĂ©ration, fut replacĂ© Ă  la tĂȘte de l'armĂ©e dite de l'Ouest, qui comprenait la VendĂ©e. Le jeune Hoche, qui avait dĂ©jĂ  le commandement de l'armĂ©e des cĂŽtes de Brest, reçut en outre celui de l'armĂ©e des cĂŽtes de Cherbourg personne n'Ă©tait plus capable que ces deux gĂ©nĂ©raux de pacifier le pays, par le mĂ©lange de la prudence et de l'Ă©nergie. Pichegru, qui avait reçu ordre de poursuivre sa marche victorieuse, attendait que la surface du Wahal fĂ»t entiĂšrement prise. Notre armĂ©e longeait le fleuve; elle Ă©tait rĂ©pandue sur ses bords vers Millingen, NimĂšgue, et tout le long de l'Ăźle de Bommel, dont nous Ă©tions maĂźtres. Walmoden, voyant que Pichegru, vers Bommel, n'avait laissĂ© que quelques avant-postes sur la rive droite, les replia, et commença un mouvement offensif. Il proposait au prince d'Orange de se joindre Ă  lui, pour former de leurs deux armĂ©es rĂ©unies une masse imposante, qui pĂ»t arrĂȘter par une bataille l'ennemi qu'on ne pouvait plus contenir maintenant par la ligne des fleuves. Le prince d'Orange, tenant Ă  ne pas dĂ©couvrir la route d'Amsterdam, ne voulut jamais quitter Gorcum. Walmoden songea Ă  se placer sur la ligne de retraite, qu'il avait tracĂ©e d'avance du Wahal Ă  lĂ  Linge, de la Linge au Leck, du Leck Ă  l'Yssel, par Thiel, Arnheim et Deventer. Tandis que les rĂ©publicains attendaient la gelĂ©e avec la plus vive impatience, la place de Grave, dĂ©fendue avec un courage hĂ©roĂŻque par le commandant Debons, se rendit presque rĂ©duite en cendres. C'Ă©tait la principale des places que les Hollandais possĂ©daient au-delĂ  de la Meuse, et la seule qui n'eĂ»t pas cĂ©dĂ© Ă  l'ascendant de nos armes. Les Français y entrĂšrent le 9 nivĂŽse 29 dĂ©cembre. Enfin, le 19 nivĂŽse 8 janvier 1795, le Wahal se trouva solidement gelĂ©. La division Souham le franchit vers Bommel; la brigade Dewinther, dĂ©tachĂ©e du corps de Macdonald, le traversa vers Thiel. A NimĂšgue et au-dessus, le passage n'Ă©tait pas aussi facile, parce que le Wahal n'Ă©tait pas entiĂšrement pris. NĂ©anmoins le 21 10, la droite des Français le passa au-dessus de NimĂšgue, et Macdonald, appuyĂ© par elle, passa Ă  NimĂšgue mĂȘme dans des bateaux. En voyant ce mouvement gĂ©nĂ©ral, l'armĂ©e de Walmoden se retira. Une bataille seule aurait pu la sauver; mais dans l'Ă©tat de division et de dĂ©couragement oĂč se trouvaient les coalisĂ©s, une bataille n'aurait peut-ĂȘtre amenĂ© qu'un dĂ©sastre. Walmoden exĂ©cuta un changement de front en arriĂšre, en se portant sur la ligne de l'Yssel, afin de gagner le Hanovre par les provinces de la terre ferme. ConformĂ©ment au plan de retraite qu'il s'Ă©tait tracĂ©, il abandonna ainsi les provinces d'Utrecht et de la Gueldre aux Français. Le prince d'Orange resta vers la mer, c'est-Ă -dire Ă  Gorcum. N'espĂ©rant plus rien, il abandonna son armĂ©e, se prĂ©senta aux Ă©tats rĂ©unis Ă  La Haye, leur dĂ©clara qu'il avait essayĂ© tout ce qui Ă©tait en son pouvoir pour la dĂ©fense du pays, et qu'il ne lui restait plus rien Ă  faire. Il engagea les reprĂ©sentans Ă  ne pas rĂ©sister davantage au vainqueur, pour ne pas amener de plus grands malheurs. Il s'embarqua aussitĂŽt aprĂšs pour l'Angleterre. DĂšs cet instant, les vainqueurs n'avaient plus qu'Ă  se rĂ©pandre comme un torrent dans toute la Hollande. Le 28 nivĂŽse 17 janvier, la brigade Salm entra Ă  Utrecht, et le gĂ©nĂ©ral Vandamme Ă  Arnheim. Les Ă©tats de Hollande dĂ©cidĂšrent qu'on ne rĂ©sisterait plus aux Français, et que des commissaires iraient leur ouvrir les places dont ils croiraient avoir besoin pour leur sĂ»retĂ©. De toutes parts, les comitĂ©s secrets qui s'Ă©taient formĂ©s manifestaient leur existence, chassaient les autoritĂ©s Ă©tablies, et en nommaient spontanĂ©ment de nouvelles. Les Français Ă©taient reçus C'est en faisant de la politique qu'on devient citoyen, en formulant et en Ă©laborant les lois que l'on pense souhaitables, justes, nĂ©cessaires. »Les termes de “nation”, “nationalitĂ©â€ et, dans une moindre mesure, de citoyennetĂ© » hantent le dĂ©bat politique ces derniĂšres annĂ©es. Les conceptualisations du XIXe siĂšcle l'incontournable Renan semblent ĂȘtre les plus sollicitĂ©es. Pourtant, la RĂ©volution française ne porte-t-elle pas des conceptions originales en la matiĂšre ?Sophie Wahnich Il faut bien entendre que la notion de nationalitĂ© n'existait pas au cƓur de la RĂ©volution française. Ni le mot nationalitĂ©, ni le mot citoyennetĂ© n’étaient employĂ©s Ă  l’époque. Les hommes et les femmes utilisaient une sĂ©rie d’expressions telles que le droit du citoyen », parfois les droits de citoyen français », la qualitĂ© » ou encore le titre » de français », le titre de citoyen », etc. Or ce mot de citoyen » effaça de fait les distinctions entre l’appartenance lĂ©gale Ă  la nation, l'engagement patriotique et l’exercice des droits politiques, et ce, dĂšs 1789, avant mĂȘme qu'il n'y ait une vĂ©ritable constitution. Il s’agissait alors avant tout de passer de l’état de sujet Ă  l’état de citoyen et cette transmutation formidable concernait l’ensemble des personnes participant Ă  l’évĂ©nement rĂ©volutionnaire. Devenir citoyen français ce n’était pas devenir "naturel" mais ĂȘtre inclus de fait dans le peuple souverain français qui se dĂ©finissait lui-mĂȘme comme tel. Était alors citoyen celui qui voulait vivre sous les lois Ă©laborĂ©es par l'AssemblĂ©e nationale constituante et qui adhĂ©rait aux principes qui doivent rĂ©gir ces lois, la DĂ©claration des Droits de l'homme et du citoyen. Cette dĂ©finition trĂšs pragmatique Ă©tait nouĂ©e Ă  la position adoptĂ©e dans l'Ă©vĂ©nement devenir rĂ©volutionnaire et ainsi ĂȘtre inclus comme patriote et de fait citoyen français, ou devenir contre-rĂ©volutionnaire et se dĂ©clarer "hors le souverain peuple" de fait, comme les nobles Ă©migrĂ©s. Cette association inextricable des notions de citoyen, patriote et national signe en tant que tel un moment rĂ©volutionnaire car ce qui est alors affirmĂ©, c’est une conception de la nation qui est sans rĂ©fĂ©rence Ă  l’idĂ©e de race ou d’ethnie, de souche » pour prendre un vocabulaire actuel. Une telle nation est fondĂ©e sur le seul contrat de souverainetĂ© libĂ©rale obĂ©ir Ă  des lois qu’on s’est soi-mĂȘme donnĂ©es et qui rĂ©pondent des principes de la dĂ©claration des droits. L’adhĂ©sion Ă  ces droits est celle de la raison sensible, un lien rationnel et affectif indissociable. C’est ce lien qui fait le patriote capable de dĂ©fendre constamment sur la place publique ces principes. On comprend que la seule contrainte Ă  cette dĂ©finition de l’identitĂ© politique est une contrainte de lieu et d’opinion, d’adhĂ©sion, pas une contrainte de sang ou de nationalitĂ© mĂȘme juridique, pas une contrainte d’acculturation longue non plus, car cette adhĂ©sion peut ĂȘtre immĂ©diate quelle que soit son histoire personnelle, ou refusĂ©e durablement mĂȘme si on passait beaucoup de temps sur le place pour l'Ă©tranger dans la citoyennetĂ© telle que pensĂ©e par les rĂ©volutionnaires ?S. W. Cette citoyennetĂ© en acte ouvre toutes sortes de possibilitĂ©s d’inclusion dans la citĂ© de fait pour les Ă©trangers entre 1789 et 1789, les Ă©trangers prĂ©sents sur le territoire de la France participent aux Ă©vĂ©nements rĂ©volutionnaires dĂšs la convocation des États gĂ©nĂ©raux car tout homme de 25 ans inscrit au rĂŽle des impositions est appelĂ© Ă  voter. Or il n’est pas utile de disposer d’une lettre de naturalitĂ© pour ĂȘtre assujetti Ă  la taille qui est un impĂŽt sur les personnes et qui donne le droit de vote. TrĂšs vite, les Ă©trangers fondent des sociĂ©tĂ©s fraternelles spĂ©cifiques liĂ©es Ă  l'usage de langues Ă©trangĂšres, ou participent Ă  des sociĂ©tĂ©s fraternelles existantes quand ils parlent français. Ils discutent ainsi l'Ă©laboration de la loi et envoient des pĂ©titions Ă  l'AssemblĂ©e nationale. Ils participent activement Ă  la fĂȘte de la FĂ©dĂ©ration, crĂ©ent des lĂ©gions Ă©trangĂšres pour aller se battre pour les idĂ©aux rĂ©volutionnaires, se rĂ©fugient en France quand ils sont persĂ©cutĂ©s chez eux au nom de leur idĂ©al et l'on voit apparaĂźtre ainsi des "patriotes Ă©trangers". Il y eut bien ainsi pendant la pĂ©riode rĂ©volutionnaire une citoyennetĂ© de fait sans nationalitĂ©. Puis des rĂšgles juridiques viennent produire des obstacles Ă  la possibilitĂ© d’ĂȘtre un citoyen comme un autre puisqu’on met en place des rĂšgles prĂ©cises pour devenir français et dĂ©clarer ce que veut dire ĂȘtre citoyen. Les 30 avril - 2 mai 1790, le dĂ©cret Target est votĂ© par l’AssemblĂ©e nationale. Il dĂ©cide que les Ă©trangers Ă©tablis en France seront rĂ©putĂ©s Français et admis, en prĂȘtant le serment civique, Ă  l’exercice des droits de citoyen actif aprĂšs cinq ans de domicile continu dans le royaume, s’ils ont, en outre, ou acquis des immeubles ou Ă©pousĂ© une Française, ou formĂ© un Ă©tablissement de commerce ou reçu dans quelque ville des lettres de bourgeoisie ». Les constituants tentent ainsi de rĂ©gler d'une maniĂšre pragmatique la situation des dĂ©partements des frontiĂšres et des villes maritimes [...] remplis d’hommes nĂ©s en pays Ă©tranger, mariĂ©s, propriĂ©taires depuis trĂšs longtemps, ou possesseurs d’établissements de commerce ; ils ont occupĂ© des fonctions civiles, les uns ont Ă©tĂ© officiers dans les anciennes municipalitĂ©s ; les autres sont officiers de la Garde nationale ; tous ont prĂȘtĂ© le serment civique ; ils forment dans beaucoup de villes le huitiĂšme, le septiĂšme, le sixiĂšme de la population ce sont des amis de plus que vous acquerrez Ă  une constitution qui voudrait rendre tous les hommes heureux ». Cette inclusion ressemble Ă  ce que SiĂ©yĂšs appelle l'hospitalitĂ©, une inclusion dans la citĂ© par son inscription sociale et politique locale. Ou il faut renoncer Ă  croire aux progrĂšs de l'esprit humain, ou il faut espĂ©rer qu'il deviendra trĂšs aisĂ© Ă  un Ă©tranger connu de se faire adopter dans une commune française. Cette adoption prouvera le domicile. Elle remplacera les lettres de naturalisation, et vaudra mieux qu'elles. Une fois adoptĂ© dans une commune on sera citoyen français, et si l'on veut Ă©tablir domicile dans une autre citĂ©, la nouvelle adoption ne sera qu'une simple formalitĂ© ».En fait le dĂ©cret Target passe dans la Constitution de 1791 additionnĂ© du serment civique qui permet de dĂ©clarer l’amour des lois et leur respect. L’article 4 du titre II de la Constitution du 3 septembre 1791 permet au pouvoir lĂ©gislatif d’accorder Ă©galement des naturalisations exceptionnelles il pourra pour des considĂ©rations importantes, donner Ă  un Ă©tranger un acte de Naturalisation, sans autre condition que de fixer son domicile en France et d’y prĂȘter le serment civique ». Moins d’un an plus tard, le 24 aoĂ»t 1792, Marie-Joseph ChĂ©nier, se prĂ©sente Ă  la barre de l’AssemblĂ©e, Ă  la tĂȘte de plusieurs citoyens de Paris, pour proposer l’adoption de tous ceux qui dans les diverses contrĂ©es du monde, ont mĂ»ri la raison humaine et prĂ©parĂ© les voies de la libertĂ©. »Le 26 aoĂ»t 1792, on invente une citoyennetĂ© d'honneur et l’on dĂ©clare dĂ©fĂ©rer le titre de citoyen français au docteur Joseph Priestley, Ă  Thomas Payne, Ă  JĂ©rĂ©mie Bentham, Ă  William Wilberforce, Ă  Thomas Clarkson, Ă  Jacques Mackintosh, Ă  David Williams, Ă  N. Gorani, Ă  Anacharsis Cloots, Ă  Corneille Pauw, Ă  Joachim-Henry Campe, Ă  N. Pestalozzi, Ă  Georges Washington, Ă  Jean Hamilton, Ă  N. Madison, Ă  H. Klopstock, et Ă  ThadĂ©e ne prendra effet que si ces hommes viennent prendre domicile effectif dans le pays qui les a faits citoyens. Ce fut le cas pour deux d’entre eux, Thomas Payne et Anacharsis Cloots, qui sont d’ailleurs Ă©lus membres de la Convention. Enfin, en 1793, la Constitution est trĂšs ouverte aux Ă©trangers puisqu’elle dĂ©clare dans son article 4 Tout homme nĂ© et domiciliĂ© en France, ĂągĂ© de vingt et un ans accomplis; Tout Ă©tranger ĂągĂ© de vingt et un ans accomplis, qui, domiciliĂ© en France depuis une annĂ©e - Y vit de son travail - Ou acquiert une propriĂ©tĂ© - Ou Ă©pouse une Française - Ou adopte un enfant - Ou nourrit un vieillard ; - Tout Ă©tranger enfin, qui sera jugĂ© par le Corps lĂ©gislatif avoir bien mĂ©ritĂ© de l'humanitĂ© - Est admis Ă  l'exercice des Droits de citoyen français. » Cependant dans le contexte de guerre les Ă©trangers vont devenirs suspects et devront faire la preuve de leur patriotisme sinon ils seront soit exilĂ©s soit emprisonnĂ©s. On renonce Ă©galement Ă  choisir des reprĂ©sentants et des fonctionnaires dans l’universalitĂ© du genre humain et se met en place la nĂ©cessitĂ© d’ĂȘtre un national » pour prĂ©tendre Ă  ces semble-t-il, la percĂ©e Ă©lectorale du Front national et la dissĂ©mination de ses idĂ©es dans le paysage politique qui a motivĂ© votre vaste entreprise de thĂšse. La réédition de l'ouvrage* qui en est issu s'inscrit dans un contexte non moins lourd de Front national fort et en voie de banalisation, de dĂ©bat sur l'identitĂ© nationale organisĂ© par un ancien socialiste, de "croisade" Cl. GuĂ©ant, de ministres condamnĂ©s pour propos racistes, de traque des sans-papiers, de xĂ©nophobie ordinaire, etc. On le sait, vous ĂȘtes partisane, Ă  la suite de Nicole Loraux notamment, d'un usage de l'anachronisme en histoire. Aussi, face Ă  ce prĂ©sent oĂč la question de l'Ă©tranger est si omniprĂ©sente, on aimerait savoir ce que, selon vous, ce dĂ©tour par la RĂ©volution française permet d'envisager. Autrement dit, pour paraphraser votre postface et Nicole Loraux, de quelles questions et de nouvelles maniĂšres de les envisager ce passĂ© nous leste-t-il ?S. W. Ce passĂ© nous permet d’envisager la citoyennetĂ© et le patriotisme comme rapport immĂ©diat Ă  la loi que l’on souhaite se donner. De ce fait c’est en faisant de la politique qu’on devient citoyen, en formulant et en Ă©laborant les lois que l’on pense souhaitables, justes, nĂ©cessaires. On est loin d’une rĂ©duction de la citoyennetĂ© au droit de vote et de la confiscation de la sphĂšre d’élaboration des lois par des professionnels de la politique. Enfin savoir que les Ă©trangers ont spontanĂ©ment jouĂ© un rĂŽle dans la RĂ©volution de 1789-1790, qu’ils ont Ă©tĂ© conviĂ©s Ă  la fabrique de la loi, Ă  la fĂ©dĂ©ration de 1790, permet de penser la RĂ©volution française non comme Ă©vĂ©nement particulier nouĂ© Ă  un lieu, mais comme Ă©vĂ©nement de la raison qui donne naissance Ă  un peuple politique et qui Ă  ce titre est un Ă©vĂ©nement singulier Ă  valeur d'universel. De ce fait la conception de la citoyennetĂ© rĂ©volutionnaire n’est pas culturaliste du tout. C’est l’usage de la raison qui fait le citoyen et la culture n’est pas un obstacle. La libertĂ© de conscience, libertĂ© d’opinion mĂȘme religieuse, la culture comme rĂšgne des opinions libres, conduit au respect des religions diffĂ©rentes pourvu qu’elles acceptent de reconnaĂźtre les principes de la dĂ©claration des droits et donc la libertĂ© religieuse et la possible articulation de croyances religieuses et de pratiques politiques rĂ©volutionnaires. Des religieux qui refusent cette articulation se comportent comme des Ă©trangers politiques et sont rejetĂ©s hors de la citĂ©. Ainsi le 30 mai 1790 les Ă©lecteurs du Morbihan dĂ©signent–ils Ă  la vindicte populaire les nobles et les prĂȘtres qui divisent la communautĂ© Malheur Ă  ces perturbateurs, Ă  ces lĂąches transfuges de la cause commune, qui ne voyant que l’erreur au delĂ  de leurs opinions individuelles attisant partout le feu de la discorde avilissent la religion qu’ils professent et dĂ©shonorent le caractĂšre auguste dont ils furent revĂȘtus. »Ainsi la RĂ©volution française permet de renouer avec l’imaginaire d’une Ă©galisation des citoyens qu’ils soient d’origine française ou Ă©trangĂšre mĂȘme en dehors de l’espace europĂ©en, l’imaginaire d’une citoyennetĂ© sans nationalitĂ©, un imaginaire oĂč les Ă©carts culturels sont des caractĂ©ristiques des individus libres, libres mĂȘme Ă  l’égard de leur chefs spirituels si ces derniers ne respectent pas les principes de cette libertĂ©. Cela permettrait de cesser de culpabiliser des individus au nom de leur inadĂ©quation identitaire ou subjective. Le combat pour cette libertĂ© pourrait redevenir celui d’une politisation, non celui d’une inculcation de valeurs dites nationales. Ces derniĂšres sont mobilisĂ©es aujourd’hui non pour inventer les modes d’inclusion citoyens mais des frontiĂšres qui auraient dĂ» rester labiles. Car c’est dans la porositĂ© des situations que la libertĂ© dĂ©mocratique ou rĂ©publicaine peut devenir un objet d’adhĂ©sion de la raison sensible de chacun, et non dans l’épreuve de passage. AdhĂ©rer par force Ă  une langue, Ă  des maniĂšres d’agir, Ă  des discours, c’est fabriquer des citoyens tartuffe et finalement redoubler la xĂ©nophobie qui s’installe comme effet de ce faux semblant rĂ©alisĂ© par Guillaume Quashie-Vauclin Sophie Wahnich est historienne, directrice de recherche au CNRS laboratoire d’anthropologie des institutions et des organisations sociales* L'impossible citoyen. L'Ă©tranger dans le discours de la RĂ©volution française, Albin Michel. C’est une banalitĂ© de dire que notre monde est envahi par des images toujours plus prĂ©sentes au cinĂ©ma, Ă  la tĂ©lĂ©vision, sur les affiches publicitaires, dans les bandes dessinĂ©es et les jeux vidĂ©os. Dans ce contexte, l’image en mouvement et plus particuliĂšrement le cinĂ©ma apparaĂźt comme un champ de recherche important et a fortiori comme un objectif Ă©ducatif prioritaire l’abondance des images, la prĂ©sence des Ă©quipements informatiques mettent Ă  la disposition des professeurs et des Ă©lĂšves des supports d’apprentissage nombreux et des occasions de connaissance multipliĂ©es. Seule la cohĂ©rence du projet pĂ©dagogique, construit par rapport aux objectifs essentiels, permet le choix des techniques, des mĂ©thodes et des documents les plus pertinents »Annexes Ă  l’arrĂȘtĂ© du 14 novembre 1985, parues en 1987 et en 1989 Instructions gĂ©nĂ©rales. Une question se pose alors comment utiliser et exploiter un savoir mĂ©diatisĂ© Ă  la fois pour le chercheur et pour l’enseignant ? I- L’image en mouvement une source pour l’historien ? L’image d’Epinal, la bande dessinĂ©e, les rĂ©cits de grands-parents, les romans historiques, les films, la tĂ©lĂ©vision vĂ©hiculent des connaissances dans lesquelles la part de fiction et des reprĂ©sentations est essentielle. Le savoir historique peut donc ĂȘtre mĂ©diatisĂ© par diffĂ©rents canaux parmi lesquels le cinĂ©ma occupe une place de plus en plus prĂ©pondĂ©rante. Ainsi, comme le souligne l’historien Christian DelageDELAGE Christian, article CinĂ©ma et Histoire, un Ă©tat des lieux », revue M’Scope, CRDP de Versailles, n°7, mai 1994, les correspondances entre image et Histoire peuvent se comprendre soit comme l’adaptation de la mĂ©thode historique Ă  l’objet particulier qu’est le film, fiction ou documentaire, soit comme la prise en compte du film comme source historique Ă  part entiĂšre ». En outre, les historiens trouvent lĂ©gitime de critiquer les films de fiction Ă  caractĂšres historiques. Il s’agit au contraire de comprendre dans quel contexte se construit le film et de mesurer quelle distance celui-ci peut prendre par rapport Ă  la rĂ©alitĂ© historique. Par ailleurs, contrĂŽler le passĂ© a toujours aidĂ© Ă  maĂźtriser le prĂ©sent. Ainsi, l’instrumentalisation de la mĂ©moire est essentielle pour dominer les masses. L’engouement actuel pour les images rĂ©vĂšle donc l’enjeu d’une mĂ©moire dont l’historien est le garant contestĂ©. Pierre Nora va au-delĂ  lorsqu’il dit les mass mĂ©dias ont dĂ©sormais le monopole de l’Histoire ». Dans ce cadre, l’image filmĂ©e entre dans la dĂ©finition des les lieux de mĂ©moire ». En effet, la dĂ©mocratisation de l’enseignement et la diffusion des connaissances historiques par d’autres moyens mĂ©diatiques contribuent Ă  Ă©clairer le citoyen sur le fonctionnement de sa propre citĂ© et sur les usages politiques de l’Histoire. 1 Historiographie L’intĂ©rĂȘt des historiens pour le cinĂ©ma est relativement rĂ©cent. En effet, en 1971, Marc Ferro s’interroge sur les relations entre cinĂ©ma et Histoire et pose la question sous forme de boutade du film comme document indĂ©sirable pour l’historien ? » Article repris in CinĂ©ma et Histoire, par M. Ferro, Paris, Gallimard, folio Histoire, 1993, Marc, CinĂ©ma et Histoire, Gallimard, rĂ©ed. 1993, Ainsi, dans son article, Marc Ferro souligne que les sources utilisĂ©es par l’historien forment un corpus aussi hiĂ©rarchisĂ© que la sociĂ©tĂ©, avec en tĂȘte les archives d’Etat et Ă  l’arriĂšre plan les matĂ©riaux filmiques. Selon cette considĂ©ration, le film n’entre pas dans l’univers mental de l’historien. TrĂšs vite, l’attitude des chercheurs s’avĂšre plus nuancĂ©e au point de rendre Ă©vident le lien entre cinĂ©ma et Histoire. Il convient alors d’énoncer l’histoire rĂ©cente de cette relation longtemps contestĂ©e en privilĂ©giant les grandes pistes historiographiques. Marc Ferro, dans le cadre de ses recherches, fait figure de vĂ©ritable prĂ©curseur dans ce domaine. En effet, la plupart des historiens, incapables de considĂ©rer le film comme une source d’information, nĂ©gligeaient ce champ de recherche. Avec Marc Ferro, l’historien pressent que le cinĂ©ma, Ă  travers un discours explicite, permet d’atteindre un message implicite et constitue, documentaire ou fiction, un ensemble d’archives inestimables. Un nouveau champ d’investigation actuellement en cours d’exploitation s’ouvre Ă  l’appĂ©tit des historiens. Le film devient alors objet d’étude pour lui-mĂȘme et acquiert dans cette perspective un statut de document d’Histoire. De fait, depuis ces recherches pionniĂšres, on assiste Ă  un vĂ©ritable engouement des Ă©tudes historiques pour le cinĂ©ma. En 1972 par exemple, RenĂ© PrĂ©dal publie chez Armand Colin dans la collection U2 La sociĂ©tĂ© française Ă  travers le cinĂ©ma, 1914/1945. Plus rĂ©cemment, M. Langny publie en 1990 aux Ă©ditions Armand Colin un ouvrage intitulĂ© De l’Histoire au cinĂ©ma
 qui fait le point sur l’évolution de la recherche dans ce domaine. En octobre 2001 le numĂ©ro 561 des Cahiers du cinĂ©ma intitulĂ© le cinĂ©ma rattrapĂ© par l’Histoire » pose des problĂ©matiques intĂ©ressantes sur la lecture historique du film et la lecture cinĂ©matographique de l’Histoire. Ainsi, de La grande illusion Ă  Lacombe Lucien, de M le maudit aux Sentiers de la gloire en passant par La marseillaise ou le Danton de Wajda, les historiens font apparaĂźtre les nombreuses interfĂ©rences entre Histoire et cinĂ©ma qui permettent de mieux apprĂ©hender les sociĂ©tĂ©s actuelles et anciennes. Par ailleurs, depuis cet approfondissement de la recherche en Histoire, la mĂ©thodologie d’analyse s’est diversifiĂ©e. Il faut remercier l’apport prĂ©cieux des Ă©tudes thĂ©oriques et esthĂ©tiques de chercheurs comme Jacques Aumont et Michel Marie qui considĂšrent le film comme objet d’art, comme produit artistique. Dans un ouvrage qualifiĂ© par la revue Avant scĂšne cinĂ©ma de bible et sĂ©same appliquĂ©s au cinĂ©ma » ces deux chercheurs dĂ©gagent de façon pertinente les acquis mĂ©thodologiques des axes de recherches liĂ©es Ă  l’analyse filmique. Toutefois, ils ne prĂ©conisent pas une mĂ©thode universelle mais des pistes de rĂ©flexion comme le titre de leur ouvrage l’indique AUMONT Jacques et MARIE Michel, L’analyse des films, Nathan cinĂ©ma, 1988. il ne s’agit pas de l’analyse de film mais de l’analyse des films, car chaque objet observĂ© recĂšle sa part d’originalitĂ©. PassionnĂ© par le cinĂ©ma, Pierre Sorlin a orientĂ© ses recherches sur le neuviĂšme art dans le mĂȘme sens en Ă©tudiant avec prĂ©cision le montage et le dĂ©coupage des films. Toutefois, conservant une approche technique et sĂ©miologique, il va trĂšs vite mettre en relief les interfĂ©rences entre cinĂ©ma et sociĂ©tĂ©. Son ouvrage Sociologie du cinĂ©ma ouverture pour l’Histoire de demain Paris, Aubier, collection historiques, 1977 fait date dans ce domaine. En effet, il montre que l’utilisation et la pratique de modes d’écriture spĂ©cifiques joignent la sociĂ©tĂ© qui produit le film Ă  la sociĂ©tĂ© qui le reçoit. Ces aspects techniques sont donc de premier ordre pour un travail d’analyse filmique en classe. Comme le souligne Guy Hennebelle HENNEBELLE G., la marque Ferro », Ă©ditorial, CinĂ©ma et Histoire », revue CinĂ©mAction, 4iĂšme trimestre, 1992, la diversification de la mĂ©thodologie d’analyse des films nĂ©cessite la mise en place d’un examen spĂ©cifique d’autant plus important qu’il s’agira par la suite de le mettre Ă  profit lors d’une transposition didactique DĂ©coder, aller au delĂ  des fausses Ă©vidences d’une rĂ©ception passive, c’est bien. DĂ©coder un contenu, c’est beaucoup plus important. Et dĂ©masquer derriĂšre les images le vrai visage de la rĂ©alitĂ© historique et sociale, c’est beaucoup plus passionnant ». 2 Le film de fiction historique essai de typologie. La lecture cinĂ©matographique de l’Histoire pose Ă  l’historien le problĂšme de sa propre lecture du passĂ©. Les expĂ©riences des cinĂ©astes contemporains montrent que grĂące Ă  la mĂ©moire populaire et Ă  la tradition orale, le cinĂ©aste historien peut rendre Ă  la sociĂ©tĂ© une Histoire dont l’institution l’a dĂ©possĂ©dĂ©e. Mais au delĂ  d’un siĂšcle ou deux d’écart, la distance s’avĂšre excessive. Nous pouvons distinguer d’emblĂ©e deux genres de films exploitables par l’historien – Le film documentaire qui est censĂ© s’appuyer sur des documents, sur des tĂ©moignages ou sur une enquĂȘte. – Le film de fiction, historique ou non oĂč l’auteur peut exprimer en toute libertĂ© son imagination. Cependant, dans notre cadre, ce sont surtout les films de fiction historique qui attisent la curiositĂ© mĂȘme si la dramaturgie y est parfois sans rapport avec le contexte historique. En effet, l’analyse d’un film de fiction historique peut s’avĂ©rer plus riche dans un cours d’Histoire que celle d’un film documentaire, pour plusieurs raisons. D’une part, le film de fiction a l’avantage d’exprimer le non-dit le rĂȘve ou les grandes idĂ©es. D’autre part, il peut se rĂ©vĂ©ler efficace dans la dĂ©nonciation de problĂšmes politiques ou sociaux. Une Ɠuvre vraiment crĂ©atrice peut atteindre la vĂ©ritĂ© la plus profonde et exprimer les tendances marquantes d’une Ă©poque, parfois invisibles aux observateurs traditionnels. Le rĂ©alisateur n’est pas toujours conscient de la force et de la justesse de son message. Parmi ces films, ceux qui font allusion Ă  une pĂ©riode oĂč le cinĂ©ma n’existait pas, attirent l’attention car ils proposent des pistes de rĂ©flexion originales. Ainsi, les principaux problĂšmes que posent au rĂ©alisateur les films historiques prĂ©sentant une Ă©poque antĂ©rieure au XXĂšme siĂšcle sont essentiellement d’ordre intellectuel. Dans un article, Denys Arcand ARCAND Denys, Unesco revue Cultures numĂ©ro spĂ©cial cinĂ©ma et Histoire », tome II, 1974 Ă©numĂšre les trois freins structurels de l’entreprise cinĂ©-historienne la contradiction entre le mouvement cinĂ©matographique et la stabilitĂ© de la connaissance historique, la faible capacitĂ© de mĂ©morisation du spectateur et la lenteur informative du mĂ©dium vocal. MalgrĂ© la difficultĂ© de la tĂąche et les impĂ©ratifs imposĂ©s par le rĂ©cit cinĂ©matographique, il n’est toutefois pas rare de voir des historiens concourir Ă  la rĂ©alisation de films historiques de fiction et donner leur avis sur la vĂ©racitĂ© de telle ou telle sĂ©quence. L’Histoire, connaissance du passĂ© qui explique le prĂ©sent, a quatre sources principales qui inspirent abondamment les cinĂ©astes – L’institution. C’est l’Histoire officielle. L’Etat dĂ©termine la connaissance historique en dĂ©cidant des programmes et en nommant les enseignants c’est le discours du pouvoir. – La contre Histoire. C’est le contraire de ce que dit l’Histoire officielle. Mais en prĂŽnant la contestation idĂ©ologique, elle se rapproche parfois d’une autre Histoire officielle. – La mĂ©moire. On s’en sert pour Ă©crire l’Histoire. Cette mĂ©moire est discrĂ©ditĂ©e par l’institution qui voit en elle une Histoire vue sous un angle personnel. En fait, par sa subjectivitĂ©, la mĂ©moire nous trompe comme elle trompe l’Histoire. – L’Histoire analytique. Elle expose des problĂšmes en occultant les rĂ©cits trop subjectifs. Nous retrouvons ces quatre sources historiques dans le cinĂ©ma films d’Histoire officielle, films d’opposition, films de mĂ©moire et films d’Histoire analytique. Comment le professeur d’Histoire peut il s’y retrouver ? Les films de fiction utilisĂ©s dans notre corpus sont de deux grands types cette typologie est empruntĂ© Ă  l’ouvrage de BERNARD DaniĂšle, FARGES Patrick, WALLET Jacques, Le film dans le cours d’Histoire/ gĂ©ographie, le monde des images, les images du monde, Armand Colin, Paris, 1985, ; D’abord les films de fictions reconstructrices Ă  visĂ©e didactique et pĂ©dagogique, comme Les annĂ©es lumiĂšres, les annĂ©es Terribles, ou 1788. Les dĂ©cors de ces films sont le plus souvent rĂ©els et le dialogue des acteurs se veut fidĂšle Ă  la rĂ©alitĂ© historique. Puis le deuxiĂšme type met en relief les fictions dramatisĂ©es et partisanes. Les dialogues, qui mettent en prĂ©sence des acteurs connus sont théùtralisĂ©s, la rĂ©alitĂ© historique » dĂ©crite renvoie souvent Ă  une problĂ©matique explicitement contemporaine. On peut citer parmi ces films Danton de Wajda, La marseillaise de Renoir et Ă  un moindre degrĂ© Marie-Antoinette de Jean Delonnoy ou La nuit de Varennes d’Ettore Scola. A cette typologie s’ajoute bien entendu une rĂ©flexion personnelle des auteurs sur la RĂ©volution française correspondant trĂšs souvent Ă  un moment prĂ©cis de l’historiographie et un contexte particulier. 3 Le mythe de la RĂ©volution française au cinĂ©ma. La RĂ©volution française a suscitĂ© des polĂ©miques, des chansons, des lettres, des romans, des piĂšces de théùtre, et une abondante historiographie. En effet, la rĂ©volution française ! Cet Ă©vĂ©nement, prodigieux par son ampleur et ses effets, n’a cessĂ© de hanter l’imaginaire des peuples comme de rĂ©gir les actes de maints zĂ©lateurs » ICART Roger, La RĂ©volution française Ă  l’écran, Milan, 1988, . Honnie par les uns, exaltĂ©e par les autres, la RĂ©volution française se devait d’inspirer les Ă©crivains, les philosophes et d’une maniĂšre gĂ©nĂ©rale, les artistes. Dans les outils de transmission du savoir, le cinĂ©ma ne pouvait ĂȘtre ignorer bien longtemps. Le choix d’étudier la pĂ©riode rĂ©volutionnaire Ă  travers le cinĂ©ma permet de mettre Ă  jour de façon originale les problĂšmes scientifiques que pose l’étude de la RĂ©volution française car le mythe de la RĂ©volution » GERARD Alice, la RĂ©volution française, mythes et interprĂ©tations 1789-1970, Flammarion, 1970, coll. Questions d’Histoire. se nourrit de discours et de scĂšnes historiques ancrĂ©s le plus souvent dans l’abĂźme d’une lecture passionnelle des Ă©vĂšnements. L’examen de films consacrĂ©s Ă  la RĂ©volution française met en Ă©vidence, selon Roger Icart ICART Roger, La RĂ©volution française Ă  l’écran, Ed. Milan, 1988., des reprĂ©sentations Ă  travers deux thĂšmes d’inspiration Ă  forte charge symbolique les grands personnages de cette pĂ©riode troublĂ©e et le rĂ©cit des grandes journĂ©es rĂ©volutionnaires. Une remarque se dĂ©gage de la lecture des travaux de Sylvie Dallet DALLET Sylvie, La RĂ©volution française et le cinĂ©ma, Lherminier, Ă©ditions des quatre-vents, Paris, 1988. et de Raymond Lefevre LEFEVRE Raymond, CinĂ©ma et rĂ©volution, Edilig, 1988. aucun film ne raconte les Ă©vĂ©nement ou ne dĂ©cris un personnage de la mĂȘme façon. Dans leur plus grande proximitĂ©, les plans maintiennent une nette distinction entre deux Ɠuvres. Cela revient Ă  s’interroger sur la façon dont les cinĂ©astes recrĂ©ent les pages d’Histoire et sur l’influence de l’historiographie de la RĂ©volution sur leur production. Le contexte de crĂ©ation des films peut donc ĂȘtre mis en Ă©troite collaboration avec les grandes phases historiographiques de la RĂ©volution. La perception de la RĂ©volution française au cinĂ©ma repose sur une tradition historiographique prĂ©cise et sur un arsenal lĂ©gendaire souvent antĂ©rieur au 19Ăšme siĂšcle. Une Confrontation est nĂ©cessaire entre le cinĂ©ma et les grands courants de la littĂ©rature et de la politique pour saisir l’implication d’une forme d’art sur d’autres, et d’un mouvement de pensĂ©e sur l’inconscient collectif. Ainsi le cinĂ©ma prend place aux cĂŽtĂ©s de l’enseignement universitaire et de la littĂ©rature historique pour Ă©voquer la transmission du passĂ©. MĂȘme si les images filmiques sont encore mal acceptĂ©es parmi ces lieux de mĂ©moire » qui, selon Pierre Nora, ont modelĂ© depuis la RĂ©volution française les imaginaires nationaux, le cinĂ©ma concurrence efficacement l’enseignement de l’Histoire et joue un rĂŽle de premier ordre dans la construction de nos appartenances nationales. Ainsi, un rĂ©alisateur fidĂšle dans ses lectures Ă  Furet, Soboul ou Vovelle oriente son film de façon plus ou moins consciente vers une conception raisonnablement engagĂ©e de la RĂ©volution française. Il semble aujourd’hui, que l’imaginaire du public et des mĂ©dias corresponde plus au Danton de Wajda qu’à celui de Lavisse. A l’instar de Pierre Guibert et Michel Oms, auteurs de L’Histoire de France au cinĂ©ma, l’analyse du personnage de Louis XVI, souligne que aux yeux Ă©blouit de plusieurs gĂ©nĂ©rations de spectateurs, Louis XVI a-t-il pris pour longtemps les traits de Pierre Renoir, Jacques Morel, Robert Morley ou Jean-François Balmer ? Cependant, en sens inverse, des personnages romanesques issus de la grande littĂ©rature ou du feuilleton populaire ont pris pied dans l’Histoire, tel le bossu au contact du rĂ©gent, ils ont acquis l’épaisseur de la vĂ©ritĂ© historique. Voici comment, inextricablement, Ă  la faveur de la confusion qu’engendrent les salles obscures, la fiction et le rĂ©el, mais aussi le passĂ© national et le passĂ© du spectateur se sont croisĂ©s pour former la trame du tissu culturel français » GUIBERT P., OMS M., “l’Histoire de France au cinĂ©ma” in CinĂ©maction H. S., Ed. Corlet, 1993.. Le cinĂ©ma a recréé un portrait de Louis XVI Ă  partir de celui que la RĂ©volution avait dressĂ© Ă  l’usage de tous un homme bon mais faible, irrĂ©solu, qui n’était pas l’homme de la situation. Un homme bien gentil en somme, mais qui incarne Ă  merveille le mythe de la royautĂ© extĂ©nuĂ©e, expirante, surannĂ©e, vieillie, dĂ©passĂ©e par une Histoire dynamique et ambitieuse. Bref, une monarchie inadaptĂ©e Ă  l’avenir. Autre clichĂ©s Ă©tabli par le cinĂ©ma Louis XVI reprĂ©sentĂ© trĂšs souvent de la mĂȘme taille que les personnages qui l’entourent alors qu’en rĂ©alitĂ© il mesurait plus d’un mĂštre quatre-vingt-dix et qu’il Ă©tait d’un carrure colossale. Que dire alors du Louis XVI caricaturĂ© en glouton ? Certains films vont jusqu’à le reprĂ©senter bĂ©gayant ou zozotant pour inspirer la moquerie du public ! Or nul ne sait s’il avait de dĂ©faut d’élocution. Peu importe l’important est de le ridiculiser pour le rendre pathĂ©tique voir TP Louis XVI Ă  travers le prisme du cinĂ©ma. Les historiens ne doivent donc pas rester insensibles Ă  ces phĂ©nomĂšnes de sociĂ©tĂ© surtout lorsqu’ils traitent de sujets passionnels comme la RĂ©volution française. Conclusion Le cinĂ©ma est bien un objet d’Histoire. A la lumiĂšre de la recherche actuelle, le film est de moins en moins Ă©tranger Ă  l’univers mental des historiens. A ce titre, l’enseignant peut tout autant s’appuyer sur des films dont l’Histoire est le cadre que sur des films dont l’Histoire est l’objet. Le professeur d’Histoire apparaĂźt ainsi Ă  la charniĂšre des savoirs savants et scolaires. Certes, ce type de document ne doit pas ĂȘtre privilĂ©giĂ© mais ses apports demeurent fĂ©conds pour le professeur d’Histoire dans sa perspective pĂ©dagogique et critique car le film rĂ©vĂšle aisĂ©ment son intĂ©rĂȘt cognitif. Le cinĂ©ma est une passerelle tendue entre les savoirs scolaires et la culture extrascolaire, en particulier tĂ©lĂ©visuelle des Ă©lĂšves. Pour enseigner l’Histoire Ă  travers le cinĂ©ma, plusieurs questions se posent comment faire pour que les Ă©lĂšves se sentent concernĂ©s par le sujet ? Comment transformer en acteur ce public souvent passif ? Quelle conception de l’Histoire sous-tend le document ? Le scĂ©nario est-il bĂąti autour d’un personnage, d’un thĂšme ou d’une classe sociale ? Le film est-il rĂ©ellement compatible avec une utilisation pĂ©dagogique ? Quels sont les rĂ©ajustements nĂ©cessaires pour cette forme d’utilisation ? Il va de soi que le dĂ©bat sur l’historiographie de la RĂ©volution visible Ă  travers des productions cinĂ©matographiques pour le spectateur averti doit rester toujours Ă  l’esprit de l’enseignant et se reflĂ©tera dans le choix des extraits et de la problĂ©matique choisie aussi bien au niveau du collĂšge que du lycĂ©e mĂȘme si au collĂšge il ne sera pas engagĂ© pour lui mĂȘme. II De la source historique au support pĂ©dagogique. 1 La place des images et le choix du corpus au regard des programmes et des instructions officielles. La richesse des images qu’offre le cinĂ©ma permet au professeur d’Histoire de puiser dans une mine inĂ©puisable d’informations. Il ne doit pas systĂ©matiquement considĂ©rer le film comme un tout mais utiliser avec profit de courtes sĂ©quences. Ainsi, la fonction principale du professeur est alors de trier les informations, de sĂ©lectionner les sĂ©quences susceptibles d’ĂȘtre intĂ©ressantes et d’en analyser les dĂ©rives car Enseigner c’est d’abord faire des choix » LE PELLEC Jacqueline, VIOLETTE Marcos-Alvarez, Enseigner l’Histoire un mĂ©tier qui s’apprend, Hachette Ă©ducation, 1991, Ce travail effectuĂ© en fonction des instructions officielles met en valeur des Ă©lĂ©ments qui seront utilisables comme documents historiques et transposables dans des sĂ©quences d’enseignement. Ainsi, des scĂšnes bien choisies sont plus faciles Ă  mĂ©moriser qu’un ouvrage abordant le sujet et elles enrichissent la prĂ©sentation pĂ©dagogique Ă  telle point que Les annĂ©es lumiĂšres et Les annĂ©es terribles ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©es Ă  des fins pĂ©dagogique claires et annoncĂ©es lors du bicentenaire de la RĂ©volution française. De plus, nous pouvons constater que les connaissances que peuvent avoir les Ă©lĂšves sur la RĂ©volution française ou sur d’autres pĂ©riodes historiques sont la plupart du temps issues du cinĂ©ma. Ainsi, ayant consciencieusement relu Furet et Soboul pour prĂ©parer son cours sur la pĂ©riode rĂ©volutionnaire, l’enseignant dĂ©couvre que ses Ă©lĂšves sont imprĂ©gnĂ©s des images de la sĂ©rie tĂ©lĂ©visĂ©e sur NapolĂ©on ou d’images du film d’Enrico sur la RĂ©volution diffusĂ©s la veille. VoilĂ  donc deux formes de savoirs diffĂ©rents par leur mode de transmission, auxquels le professeur mais aussi les Ă©lĂšves ont accĂšs. Or dans l’esprit des Ă©lĂšves, ces deux savoirs ne se distinguent pas. Pour cela, il faut confronter et critiquer les documents car le cinĂ©ma est nĂ©cessairement l’objet d’une reprĂ©sentation. En accord avec les instructions officielles, le but du professeur est de montrer que ces diffĂ©rents savoirs ne sont pas rĂ©gis par les mĂȘmes principes de construction. Cependant, il est parfois difficile de montrer aux Ă©lĂšves en quoi les mĂ©dias sont les vecteurs d’une ou plusieurs Histoires. Le choix du document filmique se fait donc en fonction de la progression Ă©tablie, des instructions officielles, des connaissances et des capacitĂ©s des Ă©lĂšves Ă  regarder et Ă  comprendre le document retenu. Enfin, la place de l’extrait dans la sĂ©quence est dĂ©terminĂ©e par les stratĂ©gies pĂ©dagogiques et les dĂ©marches adoptĂ©es qui peuvent ĂȘtre diffĂ©rentes en classe de quatriĂšme ou de seconde. Le personnage du roi sert de trame narrative pour Ă©voquer la pĂ©riode rĂ©volutionnaire mĂȘme aprĂšs sa mort. Louis XVI d’une maniĂšre ou d’une autre apparaĂźtra donc en filigrane Ă  travers toute la sĂ©quence sur la pĂ©riode rĂ©volutionnaire. 2 Le film comme illustration Le premier intĂ©rĂȘt du film de fiction pour l’enseignant est d’abord sa fonction d’appĂąt. Ainsi, les films sur la RĂ©volution française sont volontiers utilisĂ©s pour illustrer Ă  plusieurs niveaux des Ă©vĂšnements, des personnages, des lieux ou des thĂšmes. A travers ces considĂ©rations, le personnage du roi et ses rĂ©actions face aux Ă©vĂšnements peuvent apparaĂźtre comme fil conducteur de l’analyse des sĂ©quences. —- Louis XVI au cƓur de trois dimensions de la pĂ©riode rĂ©volutionnaire —- – Le film comme illustration d’un Ă©vĂ©nement. L’évĂ©nement fait parti inhĂ©rente du rĂ©cit et de l’évolution de la dramatique du film. Il est donc primordial de choisir des moments clĂ©s et rĂ©vĂ©lateurs pour construire sa sĂ©quence. Le choix de ces Ă©vĂ©nements s’effectuer en fonction des repĂšres chronologiques proposĂ©s par les programmes. Ainsi, la prise de la bastille 14 juillet 1789, l’abolition des privilĂšges 4 aoĂ»t 1789, la dĂ©claration des droits de l’homme 26 aoĂ»t 1789, la chute de la monarchie 10 aoĂ»t 1792, la chute de Robespierre 9 thermidor an II, le coup d’état du 18 brumaire 1799, le sacre de NapolĂ©on dĂ©cembre 1801 sont autant de dates clĂ©s, prĂ©sentes dans les programmes, que le cinĂ©ma peut illustrer. Le cinĂ©ma offre non seulement un rĂ©cit synthĂ©tique qui permet de prĂ©senter les Ă©pisodes majeurs » de la RĂ©volution française mais aussi des reprĂ©sentations plus ou moins originales de cette pĂ©riode. Le rĂŽle du professeur est alors double d’abord, il se doit d’insister sur la signification politique et sociale de chacune des phases retenues, Ă©tape indispensable en QuatriĂšme, puis il nuance les visions proposĂ©es en confrontant les sources filmiques et les diffĂ©rentes conceptions des rĂ©alisateurs, dĂ©marche plus appropriĂ©e en Seconde. On peut mettre Ă  profit l’étude d’une journĂ©e rĂ©volutionnaire par le film de fiction afin de sĂ©lectionner quelques grandes idĂ©es dĂ©veloppĂ©es Ă  l’aide d’exemple prĂ©cis, Ă  forte charge symbolique ». Le suivi d’une journĂ©e rĂ©volutionnaire Ă  travers le cinĂ©ma a l’avantage de rendre compte du rĂŽle concret des diffĂ©rents acteurs de la RĂ©volution, des tensions Ă  l’Ɠuvre et de l’emploi de la violence. Deux exemples sont particuliĂšrement parlants pour Ă©voquer les tournants majeurs de la marche Ă  la RĂ©volution le 14 juillet 1789 et le 10 aoĂ»t 1792. Tout d’abord, le 14 juillet 1789 apparaĂźt comme le premier Ă©vĂ©nement rĂ©volutionnaire retenu par le cinĂ©ma. Pierre Nora l’a clairement identifiĂ© comme l’un de nos principaux lieux de mĂ©moire ». Il renseigne sur la force d’une pression populaire inorganisĂ©e et sur la distance du roi face Ă  l’évĂšnement. Toutefois, si beaucoup de films parlent de la prise de la Bastille, peu la montrent, car cela exige d’importants moyens financiers. Ainsi, Renoir dans sa Marseillaise y faisait allusion par le dialogue sans la montrer. La Marie-Antoinette de Jean Delannoy ou les diffĂ©rentes versions de Madame sans gĂȘne prĂ©sentent le mĂȘme artifice filmique. La troisiĂšme RĂ©publique, en la choisissant pour fĂȘte nationale, en fait un symbole celui de la victoire des idĂ©es dĂ©mocratiques sur l’arbitraire royal, la vidant aussi de sa rĂ©alitĂ© premiĂšre pour l’anoblir, la parer des Ă©clatantes couleurs d’un Ă©vĂ©nement heureux, d’une dĂ©livrance salutaire. C’est d’ailleurs sous cette forme que, la plupart du temps, le cinĂ©ma l’évoque. Toutefois, seuls les films amĂ©ricains peuvent, grĂące Ă  leurs Ă©normes moyens, se permettre de faire revivre cette scĂšne de mouvement et de fureur. Un travail auquel ils s’appliquent dans les diverses adaptations de A tale of two cities oĂč l’accent est mis sur l’aspect salvateur de l’évĂ©nement. En brisant les chaĂźnes du pont-levis de la forteresse ce sont celles de la monarchie qui sont brisĂ©es. Dans la mĂȘme perspective, la prise de la Bastille dans Les annĂ©es lumiĂšres voir TP L’annĂ©e 1789 Ă  l’écran constitue, dans le contexte de sa rĂ©alisation l’annĂ©e du bicentenaire, une forme de cĂ©lĂ©bration officielle. En classe, on peut insister sur les scĂšnes de foule et les scĂšnes comportant des personnages identifiĂ©s en y comparant le cadrage et l’utilisation de la musique pour dĂ©montrer comment ces techniques appuient ce que le rĂ©alisateur a voulu montrer. La prise des tuileries fait parfaitement Ă©chos Ă  celle de la bastille et permet de mesurer les acquis des Ă©lĂšves, bien qu’il s’agisse ici d’une insurrection organisĂ©e et non d’une Ă©meute. Le 10 AoĂ»t est souvent traitĂ© de maniĂšre allusive voire symbolique par le septiĂšme art. Ainsi, les nombreuses versions de Madame Sans-GĂȘne, voir TP La chute de la royautĂ© vue par le cinĂ©ma retracent cet Ă©pisode mais sans jamais le montrer. LĂ  encore, il faut attendre les grosses productions amĂ©ricaines pour voir le peuple de Paris dresser des barricades et s’élancer Ă  l’assaut du palais des tyrans. En France, le seul film qui, Ă  ce jour, ait tentĂ© de nous faire comprendre cet Ă©pisode dĂ©cisif, est La Marseillaise de Jean Renoir. Ce film est d’autant plus original qu’il met en avant un aspect de la personnalitĂ© de Louis XVI peu connu et loin des clichĂ©s habituels. AprĂšs avoir suivi la longue marche des Marseillais et assistĂ© Ă  leur arrivĂ©e triomphante au faubourg Saint-Antoine, le spectateur est transportĂ© aux tuileries au moment oĂč parvient Ă  Paris le dĂ©sastreux manifeste du duc de Brunswick. C’est l’occasion pour Renoir de nous prĂ©senter un Louis XVI digne, malheureux, pathĂ©tique, dĂ©passĂ© par les Ă©vĂšnements face Ă  une Marie Antoinette hautaine, agressive et mĂ©prisante. Cette vision inhabituelle, qui lui fut reprochĂ©e, a Ă©tĂ© expliquĂ© par la suite en me documentant, j’en suis arrivĂ© Ă  la conclusion que Louis XVI Ă©tait un personnage, d’abord d’une trĂšs grande bontĂ©, et ensuite d’une trĂšs grande distinction. J’entends par lĂ , qu’il n’était pas vulgaire. J’ai mĂȘme l’impression que cet homme se savait victime de la destinĂ©e et savait qu’il n’y avait pas Ă  lutter. Ce personnage royal est flanquĂ© d’une femme qui est une espĂšce de caquetiĂšre agressive, car malgrĂ© sa naissance, Marie-Antoinette Ă©taitunefemme Elle n’avait aucun goĂ»t. Tandis que Louis XVI avait du goĂ»t. Et aussi de la luciditĂ©. J’ai l’impression que Louis XVI savait que c’était la fin
 » In Cahiers du CinĂ©ma, n°196, dĂ©cembre, 1967.. Cette conception explique la façon dont Renoir a reconstituĂ© ces journĂ©es la dĂ©sapprobation de Louis XVI devant les excĂšs du manifeste, l’intervention de la reine pour sa publication, une scĂšne trĂšs vive entre elle et le procureur syndic de la Seine, Roederer, l’ascendant de celui-ci sur le roi. Avec application, Renoir retrace les principaux Ă©pisodes de cette journĂ©e l’inspection des gentilshommes qui l’acclament, celle des canonniers qui le conspuent, le dĂ©part de la famille vers l’assemblĂ©e avec ces mots historiques » -marchons ! -les feuilles tombent de bonne heure cette annĂ©e, le combat enfin oĂč l’on retrouve le bataillon des marseillais. Les annĂ©es lumiĂšres oĂč Louis XVI, incarnĂ© par un Jean-François Balmer attachant, imitent la reprĂ©sentation du roi pathĂ©tique mais lucide du film de Renoir. La musique de fin de cette premiĂšre partie dĂ©marre sur la prise des tuilerie avec pour prĂ©ambule une phrase du roi envers son fils Charles rĂ©fugiĂ©s Ă  l’assemblĂ©e tu vois Charles Ă  partir de maintenant il n’y a plus de roi en France ». Dans cette optique, la question fondamentale Ă  se poser avec les Ă©lĂšves est celle du sens de ces journĂ©es et pour cela il est souhaitable d’aller au delĂ  de l’évĂ©nement et de le mettre en perspective par la construction d’un tableau et d’une frise chronologique. – Le film comme illustration d’un personnage ou d’un groupe de personnages. Il est indispensable de proposer les portraits de quelques-uns des principaux acteurs de la RĂ©volution, symboles Ă©loquents de la pĂ©riode Ă©tudiĂ©e. En effet, les notices biographiques et les portraits, peuvent ĂȘtre utilisĂ©s Ă  tous moment pendant l’étude du chapitre et rĂ©pondent Ă  l’exigence du programme de prĂ©senter aux Ă©lĂšves les principaux acteurs de la RĂ©volution. Quelques grands personnages peuvent ainsi ĂȘtre Ă©voquĂ©es Louis XVI et Marie Antoinette, Danton et Robespierre, Barras et Bonaparte. L’objectif est de savoir construire une biographie et de mĂ©moriser des moments clĂ©s de la RĂ©volution concernĂ©s par ces acteurs. La disparition du roi de la scĂšne politique dĂ©chaĂźne les passions et renforce les conflits pour le pouvoir. L’époque de la terreur rĂ©vĂšle le duel inĂ©vitable Danton-Robespierre voir TP sur les acteurs de la RĂ©volution française Le duel Danton /Robespierre Ă  l’écran. Alors que Robespierre quoique prĂ©sent dans de nombreux films, n’a suscitĂ© aucune Ɠuvre biographique », Danton polarise sur sa robuste personne l’intĂ©rĂȘt des cinĂ©astes de divers pays. Cependant trĂšs souvent lorsque Danton hante la pellicule, Robespierre n’est jamais trĂšs loin. La tradition veut que la mort de Danton symbolise la mort d’une certaine idĂ©e de la libertĂ©. Le cinĂ©ma a ainsi toujours reprĂ©sentĂ© Danton comme un personnage haut en couleur, dont l’éloquence et la vitalitĂ© sont les atouts premiers de la sĂ©duction qu’il exerce sur ses compagnons. MĂȘme sa vĂ©nalitĂ© est justifiĂ©e par son intense besoin de profiter de la vie. A cette figure extravertie s’oppose l’image rigoriste d’un Robespierre repliĂ© sur lui mĂȘme et sur son idĂ©ologie, dont la vie n’est alimentĂ©e que par les froides rĂ©solutions rĂ©volutionnaires. Dans la grande coproduction rĂ©alisĂ©e Ă  Paris en 1982 sous les auspices du gouvernement français, par le cinĂ©aste polonais Andrezj Wajda, Danton est prĂ©sentĂ© comme le partisan d’une rĂ©volution modĂ©rĂ©e qui mettrait fin aux consĂ©quences sanglantes de la terreur. Le film situe l’action au plus fort de la crise, entre novembre 1793 et avril 1794, au moment oĂč la terreur apparaĂźt comme la seule solution pour galvaniser les Ă©nergies face aux pĂ©rils de la nation. Il ne se perd pas en reconstitutions somptueuses, mais cherche au contraire l’affrontement verbal d’une tragĂ©die shakespearienne entre deux hommes. Mais la dĂ©faite de Danton, c’est aussi l’Histoire d’un procĂšs politique, oĂč l’accusĂ© ne peut se dĂ©fendre ni s’expliquer, oĂč la condamnation est dĂ©cidĂ©e d’avance. Victime de l’intolĂ©rance, Danton devait ĂȘtre opposĂ© Ă  un personnage incarnant l’idĂ©e de despotisme. C’est la fonction que Robespierre a souvent remplie quand il Ă©tait question de prĂ©senter la RĂ©volution, car la complexitĂ© de sa personnalitĂ© a longtemps dĂ©routĂ© cinĂ©astes et historiens. En tout cas, il est indĂ©niable que sa bonne comprĂ©hension des Ă©vĂšnements et son rĂŽle privilĂ©giĂ© dans la RĂ©volution font de lui un personnage dĂ©terminant de cette pĂ©riode. La confrontation de ces hommes hauts en couleur permet Ă  l’élĂšve de mettre en avant les tendances politiques de l’époque. Bien plus qu’au traditionnel portrait physique, on s’attache aussi aux origines sociales, Ă  la formation reçue, Ă  l’appartenance Ă  une gĂ©nĂ©ration que l’on situe avec prĂ©cision. Par exemple, les Ă©lĂšves peuvent remarquer que les lectures de Robespierre dans Les annĂ©es lumiĂšres Le contrat social de Rousseau sont hĂ©ritĂ©es des philosophes du siĂšcle prĂ©cĂ©dent. Cela assure un continuum avec les chapitres Ă©tudiĂ©s auparavant. Pour optimiser ce travail, il convient de prĂ©parer la rĂ©flexion des Ă©lĂšves en leur faisant rĂ©diger de courtes biographies sur ces personnages avant de visionner les extraits. Elles sont utiles pour comprendre les choix des rĂ©alisateurs les acteurs sont ils bien choisis et sont ils reprĂ©sentatifs ? Le film se manifeste alors comme une aide prĂ©cieuse Ă  la mĂ©morisation de grands personnages. Toutefois, il est important de souligner que cette mĂ©morisation n’est pas une fin en soi, mais un point de dĂ©part pour la dĂ©couverte d’un personnage voir d’un groupe de personnages. Il est aisĂ© de sĂ©lectionner dans notre corpus des scĂšnes qui mettent en relief un groupe d’individus comme le clergĂ© haut ou bas, la noblesse, ou le tiers-Ă©tat bourgeoisie ou paysannerie. 1788 et La Marseillaise semblent adĂ©quat pour dresser un portrait du monde paysan lors de la rĂ©daction des cahiers de dolĂ©ances, comme les deux Marie Antoinette offrent une vision pertinente des fastes de la cour voir TP Dansez marquises !. Autre groupe capital, les sans-culottes font ressortir, au-delĂ  de l’activitĂ© des grands hommes », l’action dĂ©cisive du peuple comme acteur collectif dans le processus rĂ©volutionnaire. Le mĂȘme travail peut ĂȘtre rĂ©alisĂ© autour de l’apparition des femmes dans la sphĂšre politique. – D’un document patrimonial La DĂ©claration des droits de l’homme et du citoyen Ă  travers l’étude de quelques articles significatifs, attire l’attention des intellectuels. Ainsi, pour Michelet, la dĂ©claration est le vraie gĂ©nie de la rĂ©volution » car elle connaĂźt un retentissement universel. A travers, la dĂ©claration des droits de l’homme et du citoyen, le propos d’Enrico apparaĂźt comme une profonde mĂ©diation, par la mise en scĂšne cinĂ©matographique, sur l’essence du pouvoir et sur ses mutations historiques ». Ainsi dans les annĂ©es LumiĂšres, la sĂ©quence des droits de l’homme s’articule autour d’une voix aĂ©rienne qui descend sur le peuple et redresse les humilitĂ©s, relĂšve les tĂȘtes et donne enfin sens Ă  tous les Ă©crits philosophiques sur la dignitĂ© humaine. Les Ă©lĂšves apprĂ©cient de repĂ©rer les scĂšnes qui sont autant de tableaux et de vĂ©rifier si l’article lu Ă  haute voix lui correspond bien. L’article 11 de La dĂ©claration la libre communication des pensĂ©es et des opinions est un des droits les plus prĂ©cieux de l’homme, tout citoyen peut donc parler, Ă©crire, imprimer librement, sauf Ă  rĂ©pondre de l’abus de cette libertĂ©, dans les cas dĂ©terminĂ©s par la loi » est Ă©voquĂ©e Ă  travers une scĂšne reprĂ©sentant l’imprimerie de Camille Desmoulins de façon assez rĂ©aliste. Le sacre de NapolĂ©on le 2 dĂ©cembre 1804 et sa reprĂ©sentation par David, peintre officiel de l’empereur, est aussi inscrit dans les programmes comme document patrimonial. Il permet de montrer de façon pertinente tous les enjeux de l’évĂ©nement. Le tĂ©lĂ©film de France 2 avec Christian Clavier dans le rĂŽle de NapolĂ©on peut dans cette optique ĂȘtre utilisĂ© de maniĂšre cohĂ©rente. En effet, de la prĂ©paration du sacre jusqu’à sa commĂ©moration Ă  travers la peinture de David, il se manifeste telle une poupĂ©e gigogne » dans la production tĂ©lĂ©visĂ©e voir TP Le sacre de NapolĂ©on Ă  l’écran. – D’un thĂšme d’études Nous pouvons essentiellement privilĂ©gier cette approche en classe de seconde. Le film est interprĂ©tĂ© comme un point de vue subjectif sur une pĂ©riode historique. Il introduit et favorise les complĂ©ments d’analyse, les nuances ou les divergences qui enrichiront les reprĂ©sentations. La dimension critique vient alors nourrir le discours de l’enseignant et les acquis de ses Ă©lĂšves. Ainsi l’étude des diffĂ©rents lieux de l’exercice de la dĂ©mocratie Ă©glises pour la rĂ©daction des cahiers de dolĂ©ances voir TP La sociĂ©tĂ© française Ă  la veille de la RĂ©volution française 1788, salle des menus plaisirs pour la rĂ©union des Etats gĂ©nĂ©raux, assemblĂ©e ou clubs organisant les dĂ©bats politiques, permettent de spatialiser les expĂ©riences politiques de la pĂ©riode. 3 Le film comme discours historique une mĂ©thode d’analyse pour l’enseignement. Le film se manifeste comme un document historique Ă  part entiĂšre. De ce fait, il doit ĂȘtre soumis Ă  l’analyse critique du professeur Ă  plusieurs niveaux. En effet, comme tout autre document, l’image doit ĂȘtre identifiĂ©e composition, source, support, technique. De mĂȘme les particularitĂ©s de l’extrait doivent ĂȘtre observĂ©es critique externe avec le rapport Ă  l’époque de rĂ©alisation du film et critique interne avec le rapport Ă  l’époque oĂč se dĂ©roule le film. Il faut initier l’élĂšve au regard critique sur un document trop souvent reçu comme argent comptant. La prĂ©sence des universitaires sur les plateaux de tournage tend Ă  crĂ©dibiliser l’utilisation pĂ©dagogique des films. On peut citer dans ce domaine des films tel que 1788. Certains films aident Ă  comprendre le passĂ© en offrant une reconstitution crĂ©dible d’un Ă©vĂ©nement ou d’une situation, mĂȘme si elle n’est pas fidĂšle Ă  la rĂ©alitĂ©. Ils restituent une atmosphĂšre historique difficile Ă  rendre par Ă©crit comme un mouvement social, la vie d’un quartier ou les conditions d’existence particuliĂšres d’un groupe. Ces films peuvent donc ĂȘtre largement mis Ă  profit devant une classe en prenant soin de les restituer dans leur contexte de production. L’éducation du regard et l’éveil critique par la confrontation des images filmiques avec d’autres documents d’origine et de nature variĂ©es doit plus que jamais ĂȘtre au centre des prĂ©occupations du professeur. Les programmes de lycĂ©e indiquent qu’ il s’agit de poursuivre ce qui a Ă©tĂ© entrepris au collĂšge, accĂšs au document historique, lecture et analyse de documents Ă©crits ou figurĂ©s, confrontation de documents prĂ©sentant une approche diffĂ©rente d’un mĂȘme Ă©vĂ©nement ». En effet, l’image filmique ne prend de sens qu’au contact d’autres sources d’informations textes, gravures, tableaux. On peut Ă©voquer ici la scĂšne des AnnĂ©es lumiĂšres d’Enrico qui reprend jusqu’au vent qui s’engouffre dans les rideaux du croquis de David sur Le serment du jeu de paume. Conclusion Certains films ont pour ambition de relater des Ă©vĂšnements historiques, d’autres recrĂ©ent une Ă©poque l’enseignant doit avoir en mĂ©moire que l’image n’est jamais la reproduction ou la photocopie d’un rĂ©el, mais une reprĂ©sentation codĂ©e qu’il faut apprendre Ă  lire car l’image est langage ». C’est pourquoi la confrontation de diffĂ©rents films s’avĂšre toujours pertinente Ă  n’importe quel niveau. III De l’utilitĂ© du film en classe. La place d’un film relĂšve d’une Ă©valuation complexe, les Ă©lĂ©ments de cet assemblage rĂ©flexif sont ancrĂ©s dans la discipline au niveau Ă©pistĂ©mologique mais aussi didactique et pĂ©dagogique. Le professeur d’Histoire doit ainsi tenir compte de tous ces paramĂštres pour mettre en place une situation d’apprentissage cohĂ©rente. 1 Prendre place dans une problĂ©matique. Le problĂšme didactique renvoie aux choix des thĂšmes et des concepts retenus pour l’étude de la RĂ©volution française. Il s’agit d’aprĂšs les programmes de sĂ©lectionner des jalons importants dans l’élaboration de la civilisation contemporaine et des ruptures majeures » BO HS numĂ©ro 6 du 31 aoĂ»t 2000. . Trois objectifs sont assignĂ©s au professeur faire percevoir la rupture fondamentale reprĂ©sentĂ©e par cette pĂ©riode », Ă©voquer les grands repĂšres chronologiques, les moments forts et les acteurs de cette pĂ©riode », dĂ©gager un bilan des bouleversements provoquĂ©s, en particulier dans les domaines politiques et sociaux » Idem . Il est important de prĂ©ciser ces problĂ©matiques au prĂ©alable car elles ne sont pas explicites dans le visionnage des films. Dans ce cadre, l’enseignant se doit de formuler de maniĂšre claire la problĂ©matique aux Ă©lĂšves. Celle-ci peut poser les questions suivantes en quoi la pĂ©riode rĂ©volutionnaire est elle une rupture fondamentale ? Comment la France parvient elle Ă  rĂ©aliser un fragile Ă©quilibre politique et social. En accord avec les programmes, le processus pourrait, dans la classe de seconde, s’énoncer sur trois axes d’observation La France entre perturbation et stabilitĂ© Ă  la veille de la RĂ©volution, l’ambiguĂŻtĂ© de la fondation d’une France nouvelle entre 1789 et 1799, l’hĂ©ritage des valeurs de la RĂ©volution française de 1799 Ă  1851. 2 DĂ©marche d’apprentissage ou dĂ©marche pĂ©dagogique ? En premier lieu, cette dĂ©marche pĂ©dagogique s’inscrit dans un contexte institutionnel classe de quatriĂšme et classe de seconde, textes officiels et programmes d’accompagnements du collĂšge et du lycĂ©e. Elle se rĂ©fĂšre Ă  des choix de mĂ©thodes qui peuvent ĂȘtre variĂ©es. Il n’y pas, en effet, de mode unique d’intĂ©gration d’un film dans une pratique scolaire. L’enseignant doit retenir en second lieu, que le film permet de recourir aux reprĂ©sentations et Ă  l’imaginaire de l’élĂšve reposant sur l’image mais aussi sur une bande sonore, le film est un dĂ©clencheur privilĂ©giĂ© d’images mentales » BERNARD DaniĂšle, FARGES Patrick, WALLET Jacques, Le film dans le cours d’Histoire/ gĂ©ographie, le monde des images, les images du monde, Armand Colin, Paris, 1985 . Or, l’imaginaire a un rĂŽle important dans le processus d’apprentissage. Son objectif n’est pas dĂšs lors d’accroĂźtre la quantitĂ© de connaissance mais d’en assurer l’assimilation. Il devient ainsi un moyen d’intriguer les Ă©lĂšves et peut leur servir de motivant pour consulter d’autres documents, pour approfondir des recherches au CDI ou sur Internet, ou pour s’approprier le thĂšme Ă©tudiĂ© en prenant l’initiative de prĂ©parer un exposĂ©. 3 IntĂ©grer le film dans la sĂ©quence. L’utilisation de l’image filmĂ©e en classe ne doit pas se compromettre dans une transmission passive de la connaissance. Le professeur doit initier au langage filmique prĂ©alable Ă  toute projection, pour les aider Ă  repĂ©rer les effets produits par les diverses techniques cinĂ©matographiques. A cotĂ© de l’approche classique du contenu, l’étude d’un film de fiction nĂ©cessite une juste analyse des formes qui s’appuie sur l’étude de tableaux dans les chapitres prĂ©cĂ©dents l’Europe moderne au XVII et XVIIIĂšme siĂšcles Ă  travers l’art baroque et classique en QuatriĂšme, Humanisme et Renaissance avec l’analyse de La tour de Babel de Bruegel en Seconde. Elle suppose un minimum d’apprentissage du vocabulaire et de la forme cinĂ©matographique, d’oĂč la mise en place avant le premier extrait de quelques jalons techniques. Il convient d’abord de diffĂ©rencier les Ă©tapes de fabrications d’un film avec un dĂ©part Ă©crit, le synopsis et le scĂ©nario prĂ©alables au tournage et au montage. A chaque Ă©tape le rĂ©alisateur opĂšre des choix spĂ©cifiques en fonction de son message. La vision d’un extrait permet ensuite de dĂ©terminer ce qu’est une sĂ©quence de film une unitĂ© de temps, d’action et de lieu. A partir du choix de l’une d’entre elles, le professeur explique les diffĂ©rents types de plans plan large, plan d’ensemble, plan moyen, amĂ©ricain, gros plan. Les mouvements de camĂ©ra se rĂ©partissent entre plan fixe, panoramique et travelling. Quant aux axes de la camĂ©ra, on retient gĂ©nĂ©ralement, la plongĂ©e et la contre plongĂ©e. Toute cette technique a une signification. Ainsi, le comte de Parilly est filmĂ© la plupart du temps en contre plongĂ©e dans 1788, ce qui symbolise la domination qu’il exerce sur les paysans. L’élĂšve, confrontĂ© Ă  ce dĂ©coupage de l’extrait s’étonne souvent de l’importance de chaque dĂ©tail qui rĂ©sulte d’un choix conscient du rĂ©alisateur. Bien sĂ»r, pour respecter la logique de concentration des Ă©lĂšves, aucune sĂ©quence de film ne doit dĂ©passer dix minutes. Au-delĂ , le cours est menacĂ© par la dispersion des Ă©lĂšves et par l’arrĂȘt impromptu de la sĂ©ance par la sonnerie. C’est en fonction de tous les paramĂštres exposĂ©s dans le schĂ©ma suivant que le professeur peut Ă©laborer sa sĂ©quence d’apprentissage. —- La place du film dans la sĂ©quence d’enseignement. —- Conclusion Incontestablement, l’initiation Ă  la lecture de l’image ne relĂšve pas d’un simple apprentissage technique. Elle renvoie pleinement Ă  une formation mĂ©thodologique, Ă  une Ă©ducation non seulement de l’Ɠil mais aussi de l’oreille. Elle apparaĂźt au cƓur des sciences sociales et plus particuliĂšrement d’un projet d’éducation civique par le dĂ©veloppement de l’esprit critique. L’éducation du regard des Ă©lĂšves, par rapport au cinĂ©ma et Ă  la tĂ©lĂ©vision est donc un enjeu essentiel de la mise Ă  distance de l’objet observĂ©. Cette dĂ©marche progressive permet alors d’apporter Ă  l’élĂšve un perfectionnement rĂ©gulier en matiĂšre d’attitude car il passe d’un statut de spectateur passif Ă  une position d’acteur dynamique grĂące Ă  l’apprentissage du geste. Bibliographie Sur la RĂ©volution française GERARD A., La RĂ©volution française, mythe et interprĂ©tation 1789-1970, Paris, 1970. FURET F., OZOUF M., Dictionnaire critique de la RĂ©volution française, 4 tomes, Paris Flammarion, réédition, 1992. FURET F., Penser la RĂ©volution française, Paris, Gallimard, réédition, 1996. FURET F., La RĂ©volution française 1770-1880, 2 tomes, Paris, Hachettes, LittĂ©rature, collection Pluriel, 1997. SOLE J., La RĂ©volution en questions, Paris, Le Seuil, 1988. TULARD J., Les rĂ©volutions de 1789 Ă  1851, Paris, Fayard, 1985. VOVELLE M., La RĂ©volution française 1789-1799, Armand Colin, 1992. Sur les rapports cinĂ©ma et Histoire ARCAND D., CinĂ©ma et Histoire », numĂ©ro spĂ©cial, tome II, revue Cultures, Unesco 1974. 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Marie Antoinette De Jean Delonnoy, 1964, noir et blanc. La nuit de Varennes d’Ettore Scola, 1981, couleur, 2h30 min. Madame sans gĂȘne de Christian Jaque, 1961, couleur, 97 minutes. A tale of two cities de Jack Conway, 1935, noir et blanc. NapolĂ©on d’Abel Gance, 1927, noir et blanc. NapolĂ©on, tĂ©lĂ©film de Simmenau, France 2, 2002, couleur, 4 Ă©pisodes

considérations sur les principaux événements de la révolution française